Francis Bacon, In Memory of George Dyer (1971)
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Bacon peint la vie en regardant la mort en face

Convaincu que le tragique de la vie fait son intérêt, Bacon répondait à ce critique d’art qui lui suggérait de peindre des roses que cela ne changerait rien à sa peinture puisque les roses sont éminemment mortelles.

En octobre 1971, Paris offrait à Francis Bacon la consécration qu’il attendait : une exposition rétrospective au Grand Palais. Il l’avait éminemment souhaité, dans le lieu qui avait célébré, cinq ans plus tôt, Picasso qu’il admirait, notamment, dira-t-il, parce que ce dernier fait ressortir la brutalité de la vie. Ce rendez-vous, Bacon l’avait intensément préparé. Il avait même, non pas reproduit, mais réinventé pour l’occasion certaines de ses toiles antérieures. Et il s’était investi profondément dans l’accrochage de cette exposition. Ce qui devait être une fête fut une tragédie. Deux jours avant le vernissage, son compagnon George Dyer se suicidait avec des barbituriques, dans leur chambre de l’hôtel des Saints-Pères. La mort faisait irruption de la manière la plus violente et la plus tragique dans l’œuvre et la vie du peintre.

Tel est le point de départ incontournable de l’exposition proposée par Didier Ottinger, à Beaubourg1. Cette date de 1971 marque un tournant. Les quelques tableaux plus anciens présentés cette année, cinq en tout et pour tout, permettent d’en prendre la mesure : la touche n’est pas la m&eci

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Jean-François Bouthors

Editeur, journaliste et écrivain, il est l’auteur de plusieurs livres, dont La Nuit de Judas (l’Atelier, 2008), Paul le Juif (Parole et Silence, 2011), Délivrez-nous de "Dieu". De qui donc nous parle la Bible ? (Médiaspaul, 2014), Comment Poutine change le monde (François Bourin, 2016), Nous, Français (L’Observatoire, 2018) et, avec Jean-Luc Nancy, Démocratie ! Hic et nunc (François Bourin, 2019).…