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Photo via Unsplash
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Flux d'actualités

La démocratie est toujours une responsabilité

L'historien de l’Afrique des Grands Lacs et du génocide des Tutsi du Rwanda possède une conscience aiguë du terreau idéologique où s’enracine les entreprises de deshumanisation. Observant qu’en France, un malaise social est récupéré par des discours de haine, il invite à redouter le pire plutôt que s’en apercevoir après coup.

Face aux enjeux majeurs de la prochaine élection présidentielle, qui engage les valeurs essentielles portées par l’histoire de notre pays (sauf si on est amnésique), le silence des intellectuels est assourdissant. Les artistes, les sportifs, les syndicats ont témoigné publiquement de leur inquiétude avec plus de lucidité et, j’allais dire, de santé. Évidemment, il n’est pas question de mettre tous les intellectuels dans le même panier, tant nous sommes fatigués (l’auteur de ces lignes en premier) par les pétitions qu’on nous invite si souvent à signer. Il n’en reste pas moins que ce silence collectif face à l’échéance du 24 avril interroge. Quelles rancœurs, quelles déchirures, quelles ruminations déterminent-elles cette réticence à exprimer clairement ce que la plupart des chercheurs et des enseignants ressentent ? Comment être aveugle au point de mettre sur le même plan Emmanuel Macron et Marine Le Pen ? Pourquoi tant de haine, plus ou moins ouverte, à l’égard du premier et tant de condescendance, plus ou moins honteuse, à l’égard de la seconde ? Or il ne s’agit pas d’une confrontation entre deux programmes politiques banals, mais entre deux projets existentiels pour notre pays : une réponse pragmatique aux défis de notre époque et ouverte aux débats, ou un repliement vindicatif sur le passé et une identité nationale fantasmée.

Cette sensibilité à la gravité de la situation est particulièrement celle d’une généra

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