Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

DR
DR
Flux d'actualités

La « catastrophe » du Burundi

Mémoire et interrogations

Le Burundi tombait en 1972 dans le piège des représailles racistes. Les massacres de Hutu de 1972 furent un crime, mais aussi une gigantesque occasion manquée de faire prévaloir le droit sur une vengeance instrumentalisée.

Le 29 avril 2022 marque le cinquantième anniversaire du début de la crise sanglante qui a frappé le Burundi durant plus de deux mois en 1972. Ce qui a longtemps été pudiquement qualifié d’« événements » continue d’hypothéquer la vie politique de ce pays. La population burundaise appelle cette tragédie ikiza, « le grand fléau », « la catastrophe ».

C’est l’occasion de revenir sur ces massacres, trop peu médiatisés à l’époque et de faire le point sur leur déroulement et leur nature. Des enquêtes menées dans ce pays quand cela est devenu vraiment possible, entre 1999 et 2002, et l’ouverture des archives belges et françaises, trente ans après, l’ont permis. Sur la base de ces nouvelles sources, complétant nos dossiers personnels de l’époque, Jean-François Dupaquier et moi-même avions publié Burundi 1972. Au bord des génocides (Karthala, 2007) En 2016, plusieurs jeunes chercheurs burundais ont produit des mémoires de licence consacrés à ce qui s’était passé en 1972 dans différentes régions, avec l’aide du Centre d’alerte et de prévention des conflits (CENAP). Sur les débuts de la crise, Novat Nintunze a publié Burundi 1972. Massacre des Tutsis dans le Sud (Iwacu, 2019).

La chronologie des faits entre le 29 avril et le 14 juillet 1972 peut se résumer ainsi : d’abord l’attaque d’un mouvement rebelle dans le Sud du pays, menée par des gens qui se qualifient de « M

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !