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Jean-Pierre Chrétien - DR
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Une autre politique était possible au Rwanda

octobre 2021

Ce texte est la transcription d’un entretien vidéo avec Jean-Pierre Chrétien, spécialiste de l’Afrique des Grands Lacs, enregistré par Vincent Duclert le 3 septembre 2021 à Bègles, près de Bordeaux.

Les analyses d’un certain nombre d’observateurs et connaisseurs du pays ont été vérifiées, confortées par le dépouillement des archives auquel la commission de recherche a procédé. Ce rapport montre qu’un certain nombre de responsables avaient vu juste, à différents moments : des responsables politiques, administratifs, militaires, des représentants du ministère de la Défense, de l’état-major, du Quai d’Orsay, tel ambassadeur en place, tel militaire, etc.

Un certain nombre de responsables avaient vu juste.

On voit bien qu’il y a un vrai débat interne sur des options, des choix : faut-il continuer à intervenir et renforcer l’aide ? Ne doit-on pas tenir compte de la menace d’un véritable génocide, parce que le mot est employé très tôt dans certains documents ? Ne faut-il pas agir autrement, exercer une pression différente ou renforcée sur le gouvernement d’Habyarimana ? Des analyses et des mises en garde montrent que des débats au sein du gouvernement, du cabinet présidentiel de François Mitterrand auraient dû – non, auraient pu – se développer pour éviter la catastrophe.

Mais dans les conclusions du rapport sur les différentes institutions de l’État engagées dans cette affaire, c’est plutôt réjouissant de voir qu’en France, il y a des gens, des ressources face à une crise ; non seulement il y a des intellectuels qui mènent des recherches, mais des responsables qui savent s’informer sur ces recherches ou qui savent ouvrir les ye

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Jean-Pierre Chrétien

Historien, spécialiste de l'Afrique des Grands Lacs.

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La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.