Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Des manifestants à Tyr / Sour, dans le sud du Liban, applaudissent une chanteuse lors de manifestations non sectaires contre la corruption gouvernementale et les mesures d'austérité qui ont débuté dans tout le pays le 17 octobre 2019. | Photo : Roman Deck
Flux d'actualités

Liban : le temps des remises en cause

entretien avec

Joseph Bahout

mai 2021

Spécialiste de relations internationales et membre du comité de rédaction d’Esprit, Joseph Bahout dirige depuis septembre 2020 le Issam Phares Center for International Relations de l’Université américaine de Beyrouth. Dans cet entretien qu'il nous a accordé le 2 mars 2021, il livre son analyse des crises emboîtées qui menacent aujourd’hui l’existence même du Liban en tant qu’État souverain.

Vous êtes retourné vivre au Liban au printemps 2020, quelques semaines seulement avant l’explosion qui a détruit le port et une partie de la ville de Beyrouth. Quel bilan faites-vous de la situation actuelle au Liban, alors que l’urgence sanitaire vient s’ajouter aux difficultés économiques, sociales et politiques du pays ?

Depuis le mois d’octobre 2019, quand les citoyens sont soudainement descendus dans la rue pour réclamer un changement de pouvoir et de régime, le Liban vit une gigantesque recomposition, qui s’apparente presque à une reconfiguration génétique : ces manifestations furent un coup de semonce, suivi par une série d’effondrements qui touchent aujourd’hui aux fondements mêmes du corps social. La prise de la rue par la population était d’abord le fruit d’un ras-le-bol généralisé, portant sur des questions économiques, sociales, de gouvernance, ainsi que sur la mauvaise gestion politique du pays. Mais ces mouvements contestataires ont produit un accroissement des tensions, accélérant et amplifiant une série de crises.

La crise économique et financière, d’abord, se dessine depuis très longtemps. On peut en situer le commencement entre 2010 et 2011, au moment où prennent forme les révolutions arabes, ou plus tôt, à la fin des années 1990. On peut en effet la faire remonter, plus structurellement, aux choix politiques et économiques du pouvoir libanais depuis la fin de la guerre et la période de reconstruction qui l’a suivie

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Joseph Bahout

Joseph Bahout est professeur de sciences politiques, directeur de l'Institut Issam Farès de politiques publiques et d'affaires internationales à l'Université américaine de Beyrouth. Il a été professeur à Sciences-Po Paris, Consultant permanent au CAPS et Chargé de mission à l’Académie diplomatique internationale. Il a écrit en 2014 Les entrepreneurs syriens : Économie, affaires et politique.