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Drunk : expérimentations danoises

octobre 2020

La sortie du dernier long-métrage de Thomas Vinterberg, en pleine période de fermeture des bars et de couvre-feu, a pris en France un accent plutôt ironique. Avec Drunk, les spectateurs ont pu découvrir une ôde à l'ivresse au propos politique soigné, qui a su faire de la contrainte un vecteur de création cinématographique.

Le 13 mars 1995, Thomas Vinterberg et son ami Lars von Trier publient à Copenhague le manifeste Dogme 95, texte d’avant-garde contre les artifices du cinéma, proposant dix règles de mise en scène strictes qui inspireront au premier Festen et au second Les Idiots en 19981. Dans le dernier film de Vinterberg, situé de nos jours, quatre professeurs de lycée, quadragénaires un peu lassés, décident de rester ivres au travail, en restant en permanence à 0,5 gramme d’alcool par litre de sang, puis d’augmenter les doses, pour vérifier une théorie norvégienne selon laquelle ce demi-gramme constant serait ce qui manque à l’homme pour être plus créatif et détendu. Dans ce film comme dans Festen, Vinterberg interroge le cinéma, en le transformant en jeu : se contraindre à des longs métrages sans éclairage spécial (règle 4) et filmés caméra à l’épaule (règle 3) ; demander à ses acteurs de jouer la perte de contrôle avec tout le naturel imaginable, mais aussi interroger les limites des expériences, et livrer un film très intrigant sur le Danemark en tant que communauté.

Des spectateurs ont pu évoquer sur les ré

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