Egon Schiele, Autoportrait au coqueret, 1912, © Leopold Museum, Vienne
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L’enfant terrible et le monde d’hier. Egon Schiele à la Fondation Louis Vuitton

décembre 2018

Schiele a créé une œuvre monstrueuse et dérangeante, moqueuse mais sans joie, d’un érotisme chirurgical.

Egon Schiele (1890-1918) est un enfant terrible du début du XXe siècle, né au cœur de l’empire austro-hongrois avec lequel il devait disparaître : en octobre 1918, l’empire s’effondre avec son armée, quand Egon Schiele meurt de la grippe espagnole à seulement vingt-huit ans. L’œuvre du jeune virtuose, radicale et ambitieuse, fait aujourd’hui l’objet d’une exposition à la Fondation Louis Vuitton, à côté de celle de Jean-Michel Basquiat (jusqu’au 14 janvier).

« Enfant éternel que je suis. J’ai toujours suivi la voie des gens ardents sans vouloir être en eux, je disais – je parlais et je ne parlais pas, j’écoutais et voulais les entendre fort, plus fort encore et regarder en eux […] Ô – des vivants animés ! – Où sont donc les vivants ? Ce n’est pas une très bonne affaire. Les États abritent peu de vivants. – Être soi ! – Être soi[1] ! » C’est dans une Vienne crépusculaire et pétrie de contradictions, celle de Robert Musil, que Schiele débute en intégrant en 1906 l’Académie des Beaux-Arts. Vienne est alors la ville de la musique et celle de la révoluti

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