Vice d'Adam McKay (2018)
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Comédie politique et provocation. Vice d’Adam McKay

Le droit n’est pas l’arme des démocraties et le fossoyeur des tyrans, mais une boîte à outils pour les unes comme les autres.

Cela aurait pu être le récit flamboyant d’une success story américaine. Celle d’un enfant de la classe moyenne du Nebraska qui, admis à la prestigieuse université de Yale, s’en fait renvoyer pour son goût de la fête et de l’alcool, son manque d’entregent aussi. Il se découvre par hasard une passion pour la chose publique, renoue avec les études dans une université moyenne, accède à Washington et gravite dans les cercles du pouvoir républicain au prix de quelques compromissions jusqu’à la prestigieuse vice-présidence des États-Unis. L’affiche du film laisse d’ailleurs penser à un énième biopic, de ceux, psychologiques et profonds, qui mettent à jour les motivations des acteurs de l’histoire avec plus ou moins de succès.

Au lieu de cela, Vice dit autant l’accessoire du poste obtenu par Dick Cheney (Christian Bale) en 2001 – il l’exerça jusqu’en 2008 – qu’une disposition au mal. Ou l’ascension d’un taiseux qui pilota dans un demi-secret la Maison-Blanche et décida, à force de mensonges savamment dosés et d’un puissant réseau, de l’invasion américaine en Irak. George W. Bush, volubile et influençable, « fils de » plus qu

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Matthieu Febvre-Issaly

Doctorant en droit public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialisé en droit constitutionnel comparé et en théorie du droit.