Photogramme du film Sparrow (Johnnie To, 2008)
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Le futur dans le rétroviseur

Le cinéma de Hong Kong face à la Rétrocession

Les mutations de Hong Kong, rétrocédé à la Chine après la colonisation britannique, ont fait éclore un imaginaire angoissé quant à la disparition potentielle de la spécificité de l’île.

Comment les cinéastes se sont-ils d’emblée engouffrés dans la brèche ouverte par la Rétrocession ? Les mutations – programmées et différées – de Hong Kong, rétrocédé à la Chine après la colonisation britannique, ont fait éclore un imaginaire angoissé, truffé de projections quant à la disparition potentielle de la spécificité de l’île[1]. Quand les fantômes du passé entrent en collision avec la préfiguration d’un futur incertain, le cocktail cinématographique qui en émerge est tantôt violent, tantôt nostalgique, mais aussi éminemment subversif.

 

Projections angoissées

En 1997, Hong Kong est retourné dans le giron chinois avec le statut de « Région administrative spéciale ». Le mantra lancé par Deng Xiaoping, « Un pays, deux systèmes », était censé garantir ses particularités juridiques et politiques. L’île, qui est aussi l’une des plaques tournantes du capitalisme mondial, tenait dur comme fer aux libertés démocratiques acquises sous la colonisation britannique. Outre l’assurance de ne pas toucher au statut sp&eacut

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Nathalie Bittinger

Agrégée de lettres modernes et maître de conférences en études cinématographiques à l'université de Strasbourg, elle a publié 2046 de Wong Kar-wai (Armand Colin, 2007) et a dirigé Cinémas d'Asie. Nouveaux regards (Presses universitaires de Strasbourg, 2016) ainsi que Dictionnaire des cinémas chinois. Chine, Hong Kong, Taiwan (Hémisphères/Maisonneuve et Larose, 2019). …