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Visite officielle du président Macron à Kigali, le 27 mai 2021, ici avec le président Kagame (via Flickr)
Visite officielle du président Macron à Kigali, le 27 mai 2021, ici avec le président Kagame (via Flickr)
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La signification du vote Macron le 24 avril : un choix de démocratie

L’accession de Marine Le Pen à la présidence de la République n’équivaut pas à un changement de majorité. C’est un changement de régime qui s’annonce, avec une brutalisation inouïe de la société, où la figure de l’ennemi va partout triompher.

Une jeunesse politisée a largement porté ses suffrages sur le leader de La France insoumise. Au soir du premier tour, Jean-Luc Mélenchon a répété : « Il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen ! » On ne lui fera pas l’injure de suspecter de sa part une complaisance pour l’extrême droite. Mais ne pas appeler ses électeurs à voter pour l’adversaire de Marine Le Pen, encourager en conséquence l’abstention ou le vote blanc et ainsi confondre les deux candidats dans un même rejet favorisent la victoire du Rassemblement national le 24 avril 2022 ou lui assurent en tout cas des scores élevés.

Derrière un choix qui ne s’assume pas, court cet argument qui voudrait que Emmanuel Macron ne vaille pas mieux que Marine Le Pen. C’est une erreur profonde, tragique pour notre pays. Les deux candidats se distinguent fondamentalement par leur rapport à la démocratie, par la capacité de l’une à faire disparaître la démocratie avec son accession à la magistrature suprême, le pouvoir de l’autre de maintenir à la tête du pays les possibles qui définissent précisément la vie démocratique. À permettre à cette jeunesse consciente et vigilante de continuer d’agir en faveur de la cité politique, du progrès social, de la concorde civile, de l’esprit de justice, et de l’accomplissement des rêves individuels et collectifs.

L’élection d’Emmanuel Macron n’arrête pas ni la politique, ni le débat e

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Vincent Duclert

Vincent Duclert est historien, chercheur titulaire et ancien directeur du Centre Raymond Aron (CESPRA, EHESS-CNRS), enseignant à Sciences Po. Il a récemment publié Les génocides (CNRS Éditions, 2019), Camus. Des pays de liberté (Stock, 2020), La République imaginée. Histoire de France [1870-1914] (édition augmentée, Folio Gallimard, 2021) et Premiers combats. La démocratie républicaine et la haine

Perrine Simon-Nahum

Historienne de la France contemporaine, directrice de recherche au CNRS, elle enseigne l’histoire de la philosophie à l’École normale supérieure. Elle a récemment publié Les Déraisons modernes (Éditions de l’Observatoire, 2021).