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L'Amérique vue de l'océan

La « Frontière » de l’Ouest américain est en réalité un avatar de la première « frontière », celle de l’océan Atlantique, franchie par les Pères pèlerins au xviie siècle. La mer participe largement à la construction de l’identité et de la mythologie nationales des États-Unis ; l’imaginaire de la conquête (les corsaires de la guerre d’indépendance), l’esprit d’entreprise (industrie baleinière) y sont associés, en oubliant parfois trop facilement ceux qui sont à fond de cale du rêve américain, notamment les esclaves africains.

On ne tombe pas sur l’Amérique par hasard... sauf lorsqu’on la découvre. On ne peut, au détour d’un chemin, d’un fleuve, d’une promenade ayant perdu son cours, traverser par mégarde une invisible frontière. Il faut s’y rendre, ou y être amené, il faut, en somme, traverser l’océan. Les Américains ne sont pas, comme les Anglais, un peuple de marins mais un peuple de frontière. Et la mer est la première frontière, l’horizon de la terre promise. Si elle participe de la construction politique et imaginaire/poétique des États-Unis, c’est donc à travers l’image de la traversée. Et la traversée première, du moins dans la mythologie nationale, est celle

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Alice Béja

Maîtresse de conférences à Sciences Po Lille, chercheuse au CERAPS-CNRS, Alice Béja est spécialiste de l’histoire culturelle et politique des Etats-Unis. Elle travaille sur les mouvements protestataires américains de la fin du XIXe et du premier XXe siècle ainsi que sur leurs représentations littéraires. Ancienne rédactrice en chef de la revue Esprit, elle a notamment publié Des mots pour se

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