Dans le même numéro

Anthropocène : le nouveau grand récit

Le récit de l’anthropocène nous confronte au problème d’une action collective à laquelle il est difficile d’assigner des responsabilités. Selon la géo-ingénierie, il est possible de contrer les effets du changement climatique par la technique. Selon la lecture catastrophiste, il faut cesser de fabriquer avec prévision pour piloter avec précaution.

Les spécialistes du climat s’accordent à considérer que nous vivons à une époque où les humains, par leur utilisation massive de combustibles fossiles, agissent collectivement avec la puissance d’une force géophysique qui détermine le climat dans son ensemble. Aussi certains scientifiques ont-ils suggéré que nous étions entrés dans une ère géologique nouvelle, marquée par l’importance croissante des impacts des actions humaines à l’échelle planétaire1. D’ores et déjà, le terme a été très largement adopté, tant par les spécialistes de sciences sociales que par le grand public. Nombreux sont les congrès où l’on débat de l’anthropocène, les livres qui le mentionnent dans leur titre.

L’hypothèse que nous ferons ici est que le succès de la notion d’ant

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !