Photo : James Beheshti
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Soigner la société d’accueil

janv./févr. 2020

Soigner les migrants mais aussi l'environnement qui les accueille apparaît aujourd'hui comme une urgence et une nécessité tant pour leur insertion que pour leur construction psychique individuelle. Il s'agit d'améliorer l'accompagnement de ces individus dans un monde qui ne cesse de changer.

Nous mettons souvent l’accent sur la nécessité de soigner les « migrants ». En effet, ces derniers sont susceptibles de présenter deux à trois fois plus de troubles psychopatho­logiques (dépression, traumatisme, psychose…) que le reste de la population. Cependant, nous oublions aussi souvent la nécessité, voire l’urgence, de soigner en même temps l’environnement (États, institutions, professionnels et citoyens) qui accueille ces migrants et se retrouve exposé à leur détresse. On peut comparer l’arrivée des migrants dans la société d’accueil à l’arrivée d’un enfant dans la psyché de sa mère (figure primaire d’attachement) ou de la famille en général pour poser la question de la disponibilité psychique de la société d’accueil.

André Green a développé le «­complexe de la mère morte» dans le cas de mères présentes physiquement mais absentes et non disponibles psychiquement pour prendre soin de leur enfant[1]. Un enfant confronté à l’absence psychique de son environnement primaire peut développer toutes sortes de pathologies. On peut donc aussi chercher la

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Daniel Derivois

Daniel Derivois est Professeur de psychologie et psychopathologie clinique au Laboratoire de Psychologie Psy-DREPI (EA 7458) à l'’Université Bourgogne Franche-Comté. Docteur en psychologie et licencié en sciences de l'éducation, il est aussi psychologue clinicien et intervient dans la Protection de l'Enfance.

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L'universel est à nouveau en débat : attaqué par les uns parce qu'il ne serait que le masque d'une prétention hégémonique de l'Occident, il est défendu avec la dernière intransigeance par les autres, au risque d'ignorer la pluralité des histoires et des expériences. Ce dossier, coordonné par Anne Dujin et Anne Lafont, fait le pari que les transformations de l'universel pourront fonder un consensus durable : elles témoignent en effet de l'émergence de nouvelles voix, notamment dans la création artistique et les mondes noirs, qui ne renoncent ni au particulier ni à l'universel. À lire aussi dans ce numéro : la citoyenneté européenne, les capacités d'agir à l'ère numérique, ainsi que les tourmentes laïques, religieuses, écologiques et politiques.