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Une nouvelle marée verte

« Les Verts français ressemblent un peu à Sisyphe. Lors de la dernière vague verte, il ne leur avait fallu que deux ans pour dilapider leur capital politique [...] Les circonstances sont aujourd’hui plus propices. »

La politique n’est pas une science, cependant elle en respecte parfois certaines lois. Ainsi, avec une régularité toute météorologique, ces élections européennes de 2019 ont confirmé le cycle décennal des « marées vertes ». Depuis 1989, les écologistes européens alternent euphoriques victoires et déconvenues amères, espérant à chaque succès briser ce cycle. Néanmoins, comme le montre l’évolution de la taille du groupe parlementaire où ils siègent à Strasbourg, chaque nouvelle vague gagne un peu sur la côte. Entre 1994 et 1999, les écologistes doublent leur présence (de 22 à 43) et quinze ans plus tard, ils atteignent avec 75 députés (soit 10 %) le seuil historique de leur influence dans les institutions européennes – du moins au Parlement, car le Conseil des chefs d’État reste encore terre de mission.

Par la force des causes, dans l’écume de cette vague reviennent donc avec la même régularité les analyses emphatiques sur le basculement historique, la lame de fond et ses conséquences immédiates sur les rapports de force politique à l’intérieur de la grande famille de la « gauche » européenne.

En France, cette fois encore, le c

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Édouard Gaudot

Membre du conseil d'EuropaNova, ancien conseiller politique au Parlement européen, il est notamment l'auteur, avec Benjamin Joyeux et Lucile Schmid, du Manifeste des écologistes attérés (Temps présent, 2015).

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Le dossier, coordonné par Anne-Lorraine Bujon et Isabelle de Mecquenem, remet le sens de l’école sur le métier. Il souligne les paradoxes de « l’école de la confiance », rappelle l’universalité de l’aventure du sens, insiste sur la mutation numérique, les images et les génocides comme nouveaux objets d’apprentissage, et donne la parole aux enseignants. À lire aussi dans ce numéro : un inédit de Paul Ricœur sur la fin du théologico-politique, un article sur les restes humains en archéologie et un plaidoyer pour une histoire universaliste.