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Hauteurs de vue

Dans son film Human Flow (2017), l’artiste vedette Ai Weiwei se penche avec compassion sur le sort des réfugiés. Mais l’utilisation de drones et la mise en scène de l’artiste lui-même produisent des clichés qui déshumanisent les réfugiés. Ces derniers sont regardés de haut quand ils voudraient l’être à égalité.

Il est arrivé qu’un artiste internationalement reconnu, Ai Weiwei, ait voulu se pencher sur le sort des migrants de par le monde. C’est l’une des raisons, sans doute, pour laquelle les journaux et même les dictionnaires continuent de le définir comme un artiste «politique», «activiste» et «dissident», en dépit de sa stratégie commerciale proche de ses confrères Damien Hirst ou Takashi Murakami et de sa place remarquable dans le marché de l’art (deux millions et demi de dollars chez Christie’s à New York pour Map of China en 2016). Ce n’est pas ici le lieu pour évoquer le personnage lui-même, sa trajectoire biographique ou les qualités esthétiques de son œuvre en général. Tâchons d’abord de comprendre, puisqu’il s’est «penché sur le sort des migrants» dans son film Human Flow (2017), comment il s’est penché et ce qu’un tel geste dit de lui-même dans sa relation à l’autre, c’est-à-dire dans sa relation aux réfugiés filmés ici à travers toute la planèt

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Georges Didi-Huberman

Philosophe et historien de l'art, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages et a reçu le prix Theodor-W.-Adorno en 2015. Il vient de publier Aperçus (Minuit, 2018).

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Assistons-nous au triomphe de la xénophobie ? Les exilés ne sont plus les bienvenus dans notre monde de murs et de camps. Pourtant, certains font preuve de courage et organisent une contre-politique hospitalière. Ce dossier estival, coordonné par Fabienne Brugère et Guillaume le Blanc, invite à ouvrir le secours humanitaire sur un accueil institutionnel digne et une appartenance citoyenne réinventée.