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Claude Adelen. Un homme en marche

septembre 2018

Intempestif, Claude Adelen vient de publier cent petites pages consacrées à Victor Hugo[1]. Saluons son courage, son inconscience même ! Il faut oser écrire sur ce grand tonitruant de la poésie française en 2018, au moment où le poème a tendance à se faire sobre ou abscons, plat ou disséminé, rêveur de son côté ou ayant abdiqué toute prétention sociale. Le grand paradoxe est d’ailleurs que l’hugolien Adelen soit lui-même poète de grande discrétion. Or, comme la pire provocation est aujourd’hui qu’elle passe inaperçue, il est à parier que les lecteurs ne se précipiteront pas sur son ouvrage.

Pourquoi s’intéresser en effet à ce point à Hugo ? Le titre de l’essai choisi par son auteur comporte en lui-même la réponse. C’est un vers d’Aragon, extrait d’une de ses chroniques à la revue Europe en 1946, dans laquelle le poète proteste, au lendemain de la guerre, contre la «poésie pure» et bourgeoise, autrement dit valéryenne : «Je déteste les dieux qui n’ont pas mal aux pieds.» Claude Adelen convoque légitimement ce v

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Jacques Darras

Poète, essayiste et traducteur français, Jacques Darras est né en Picardie maritime dans les régions du Marquenterre et du Ponthieu (Bernay-en-Ponthieu). Fils d’un couple d’instituteurs il fréquente le Lycée d’Abbeville puis est élève d’hypokhâgne et khâgne au lycée Henri IV à Paris. Il est admis à l’ENS rue d’Ulm en 1960, hésite sur quelle voie suivre, lettres classiques ou philosophie,…

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Alors que l’efficacité des aides sociales est aujourd’hui contestée, ce dossier coordonné par Anne Dujin s’interroge sur le recul de nos idéaux de justice sociale, réduite à l’égalité des chances, et esquisse des voies de refondation de la solidarité, en prêtant une attention particulière aux représentations des inégalités au cinéma et dans la littérature.