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La force du populisme : une analyse philosophique. À propos d’Ernesto Laclau

À propos d’Ernesto Laclau*

Les catégories politiques n’ont pas seulement une histoire, elles ont aussi une géographie: un liberal est, aux États-Unis, ce qu’on appellera en France un «homme de gauche» ou un «progressiste», tandis qu’une partie de la gauche tient encore, en France, qu’un «libéral» ne peut être que de droite. On pourrait en dire autant de la catégorie de «populisme», à laquelle Ernesto Laclau consacre son livre, la Raison populiste: le terme n’est guère utilisé, en France, que pour stigmatiser un comportement politique consistant à flatter ce qu’on pourrait appeler, en détournant Spinoza, les «passions tristes» du peuple (le ressentiment, la xénophobie, etc.) alors qu’il ne désigne pas une orientation politique intrinsèquement condamnable en Russie ni en Argentine, pays d’origine d’Ernesto Laclau, où il a caractérisé le péronisme.

Il y a là une difficulté, peut-être insurmontable, qui bloque en tout cas la réception de ce livre en France: la définition du populisme qu’entend construire Laclau n’est pas celle du sens commun, ou du moins n’est pas la définition que l’on donnerait spontané

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Jean-Claude Monod

Philosophe, il s'intéresse en particulier aux rapports entre politique et religion, ainsi qu'à l'articulation entre démocratie et pouvoir, notamment dans l'interrogation qui est au coeur de son livre, Qu'est-ce qu'un chef en démocratie? Politiques du charisme (Paris, Seuil, 2012).

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