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Juan Perón soutenant Evita lors du rassemblement du 1er mai 1952. | wikimédia
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La révolte de ceux du «  bas  »

Spécialiste du populisme et de l’Amérique latine, Pierre Ostiguy a développé une approche socioculturelle du populisme. Son expertise est cruciale pour replacer le populisme actuel dans son histoire politico-intellectuelle, sortir des diagnostics eurocentrés et ainsi comprendre les spécificités politiques de l’Amérique latine.

Il semble que les démocraties occidentales soient en train de traverser un bouleversement politique interprété comme une «  vague populiste  ». Le phénomène est déjà bien connu dans d’autres parties du monde, en particulier en Amérique latine. Pensez-vous que la notion de populisme soit appropriée pour caractériser ces phénomènes récents ? Comment comprendre l’inflation sémantique à ce propos ?

Cela dépend de ce que l’on entend par populisme. En Amérique latine, il n’y a pas eu d’inflation sémantique particulière : le terme a toujours été beaucoup utilisé. Et les Américains sont un peu «  isolationnistes » et ont davantage tendance à parler du «  phénomène Trump  » que de populisme.

En revanche, l’inflation est très claire en Europe. Le terme y renvoie souvent à des partis nativistes de droite radicale, mais je ne suis pas certain que les deux notions soient interchangeables. Son usage est toutefois justifié dans la mesure où le populisme tend à être anti-­institutionnaliste (par opposition, par exemple, aux libéraux qui valorisent certaines procédures institutionnelles, ou encore même au marxisme, qui se concentre sur les relations socio-économiques institutionnalisées). À cet égard, dans le contexte européen, on ne peut pas séparer le populisme de la question de l’intégration européenne, caractérisée par un très haut degré d’institutionnalisation et une certaine insularisation face au contact populaire. Ainsi, le réflexe anti-insti

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Pierre Ostiguy

Professeur de science politique à l’université catholique de Córdoba (Argen-tine), il a récemment coédité le Oxford Handbook of Populism (Oxford University Press, 2019).

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Peut-on sortir de diagnostics rapides et univoques dès lors qu'il est question de populisme ? Si le mot est partout, sa définition et les jugements qu'il invite sont rarement mis en débat. En s'appliquant à redonner au populisme une profondeur historique, culturelle et théorique, ce dossier, coordonné par Arthur Borriello et Anton Jaëger, demande ce que ce phénomène révèle des dysfonctionnements de la démocratie. À lire aussi dans ce numéro : Notre-Dame dans la littérature, le rapport entre langage et vérité et les voyages d’Albert Camus.