Crédits : Le Seuil
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Les paradoxes de l'humanisme séculier en Europe

En écho à L'Âge séculier de Charles Taylor

Au niveau social, la sécularité renvoie à une situation où la foi est une possibilité parmi d’autres, mais le présent est le lieu de diverses tendances. Etant donné les mouvements de contre-sécularisation, à l’âge de l’incertitude, il faut sans doute d’abord défendre la pertinence d’une vie sans religion.

Dans quelle mesure la religion doit-elle « être de son temps », s’accorder avec certaines dimensions de l’époque présente, de l’époque moderne[1] ? Cette question est devenue importante et même cruciale, et le demeure, en particulier pour le christianisme, auquel je m’en tiendrai ici, et l’islam. Dans la sociologie des religions et la philosophie contemporaines, on constate deux façons distinctes, et concurrentes, de poser cette question, selon la manière de caractériser ce « présent », c’est-à-dire « notre » situation. Pour faire bref : selon une première approche, nos sociétés occidentales au moins – mais ce serait une tendance en développement à l’œuvre aujourd’hui dans le monde entier – peuvent être dites « sécularisées ». Nous vivons, selon le titre d’un ouvrage sorti il y a quelques années et vite devenu un classique, «a secular age», l’«âge séculier[2]». Il faut alors prendre la mesure de ce qui inscrit les religions contemporaines, qu’elles le veuillent ou non, dans ce cadre s&ea

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Jean-Claude Monod

Philosophe, il s'intéresse en particulier aux rapports entre politique et religion, ainsi qu'à l'articulation entre démocratie et pouvoir, notamment dans l'interrogation qui est au coeur de son livre, Qu'est-ce qu'un chef en démocratie? Politiques du charisme (Paris, Seuil, 2012).

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Si l’affaiblissement de la base sociale du christianisme en Europe est indéniable, selon le dossier coordonné par Jean-Louis Schlegel, la sécularisation transforme la foi et l’appartenance religieuse en choix personnels et maintient une culture d’origine chrétienne et une quête de sens, particulièrement sensibles dans la création littéraire. A lire aussi dans ce numéro : une défense d’Avital Ronell, un récit de voyage en Iran et des commentaires de l’actualité politique et culturelle.