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Photo : Annie Spratt via Unsplash
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La médecine contre les robots

avril 2022

La médecine va au-devant d’une grave crise, causée par la discordance entre ses prestations techniques, qui sont performantes, et un déficit relationnel. Le public recherche avant tout une médecine à visage humain, à rebours de la multiplication des dispositifs techniques mis en en avant par le gouvernement, selon un impératif de rentabilité.

Ce n’est pas l’hôpital qui s’effondre, c’est la médecine. Enfin, ce qu’on appelle la médecine aujourd’hui : des prestations, des tarifs. Elle est loin de couvrir tout ce dont a besoin l’homme malade. Les professionnels ont l’intuition qu’à la servir, ils perdent leur temps, voire leur âme de soignant. On leur dit qu’en les rémunérant mieux, on leur rendra leur feu sacré. C’est une illusion, que la crise sanitaire due à la Covid-19 a contribué à dénoncer. Les candidats à l’élection présidentielle diront tous prudemment la même chose : ils donneront à l’hôpital plus de moyens. Mais le diagnostic n’est pas le bon.

Deux médecines

Lorsqu’une personne recourt à la médecine, il y a deux situations possibles. Si elle souffre d’une maladie ou d’un « problème de santé » bien identifié, un médecin spécialisé et compétent met en œuvre une procédure technique établie, en dehors de l’urgence, dans un environnement pacifié. On peut alors espérer de bons résultats, sans complication, correctement pris en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles. Cette situation correspond à une médecine des prestations techniques : prescrire une antibiothérapie, mettre en place une prothèse de hanche ou des stents coronariens, retirer une thyroïde tumorale, soigner une cataracte, etc. On y fait des progrès technologiques, notamment avec la chirurgie non invasive ou ambulatoire, et on peut y gagner de l’argent : c’est la vitrine de la médecine.

Tout autres so

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Jean Lacau Saint-Guily

Chef du service d’ORL et de chirurgie cervico-faciale de l'hôpital Tenon, à Paris et professeur émérite à l'Université Pierre-et-Marie-Curie.

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En Ukraine et en Russie, le temps de la guerre

L’invasion de l’Ukraine en février 2022 a constitué un choc immense pour l’Europe et le monde. Elle s’inscrit néanmoins dans une forme de continuité, qui a vu le régime de Poutine se faire toujours plus répressif à l’intérieur de ses frontières, et menaçant à l’extérieur, depuis au moins 2008 et l’affrontement militaire en Géorgie, l’annexion de la Crimée en 2014 marquant une nouvelle étape dans cette escalade. Constitué en urgence en réaction au déclenchement de la guerre, le dossier de ce numéro interroge ses premières conséquences. De quelles manières les sociétés ukrainienne et russe font-elles face à la guerre ? Comment résister à la vaste opération de révisionnisme historique engagée par le régime de Poutine, dont témoigne la répression de toutes les sources indépendantes d’information, mais aussi de recherche et de connaissance ? En Ukraine, sur quelles ressources la résistance peut-elle compter ? En Russie, une opposition parviendra-t-elle à se constituer, malgré la chape de plomb qui s’est abattue sur le pays ? À lire aussi dans ce numéro : la justice entre les générations, le fascisme du dedans, la politique de Lévi-Strauss, la médecine contre les robots, une autre histoire de la racialisation et la naissance de l’écoféminisme.