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Les oubliés de la pandémie

Santé mentale et bien-être social des jeunes adultes

Les jeunes adultes paient le plus lourd tribut de la pandémie en termes de conséquences sociales et économiques. Cela a des effets sur leur santé mentale et leurs difficultés à accéder aux services dont ils auraient besoin. Ainsi, la pandémie révèle des inégalités sociales et fragilise les groupes déjà les plus vulnérables.

La pandémie de Covid-19 bouleverse quotidiennement et profondément nos vies. Les premiers mois du printemps 2020 ont donné lieu à un effet de sidération et/ou de temps arrêté lié à la mise en place d’un premier confinement strict. Les mois suivants ont contribué à modifier nos rapports à l’espace, au temps et aux autres. Les études épidémiologiques disponibles ont mis en évidence que l’expérience et les conséquences de ce confinement étaient modelées et marquées par les inégalités sociales, les travailleurs pauvres et les personnes vivant dans des conditions de logement dégradées étant les premiers touchés par la Covid-191. L’été a ensuite permis d’entrevoir des moments de semi-liberté auxquels ont succédé différentes mesures de restrictions venant perturber nos modes de sociabilité, notre rapport au travail et nos déplacements. Au-delà de la mortalité directe liée à la Covid-19, une forme de lassitude associée à de l’anxiété, voire à de la dépression, s’est installée. Ces conséquences en santé mentale sont actuellement publiquement d&e

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Marie Jauffret-Roustide

Sociologue, chargée de recherche Inserm. Ses recherches portent sur la gestion du risque dans le champ des addictions et la place des savoirs profanes dans la construction des politiques de réduction des risques.

Pierre-Julien Coulaud

Postdoctorant en santé publique au British Columbia Center For Substance Use (Vancouver, Canada).

Julie Jesson

Postdoctorante en santé publique à l’université Simon Fraser (Burnaby, British Columbia, Canada).

Estelle Filipe

Ingénieure d’études au CNRS (Cermes3).

Naseeb Bolduc

Assistante de recherche au British Columbia Center For Substance Use (Vancouver, Canada).

Rod Knight

Professeur en médecine sociale, Rod Knight est affilié à l’université de British Columbia, British Columbia Center For Substance Use (Vancouver, Canada).

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Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.