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Finir en beauté : Debord à la BNF

Nous ne vieillirons jamais. Debord reste celui qui sut presque à la perfection conjuguer l’ambition et la prétention qui caractérisèrent la trajectoire d’une génération. Dans sa foulée, les lettristes puis les situationnistes se sont inscrits de plain-pied dans la lutte contre les nouvelles techniques de conditionnement (urbain). Les avant-gardes n’ont qu’un temps, et ce qui compte, c’est qu’elles fassent leur temps. Ensuite, tout est à reprendre depuis le début. C’est à peu de chose près ce qu’il écrivait dans In girum imus nocte, son film sorti en mai 1981. Dans un autre de ses films, Sur le passage de quelques personnes, on entend sur la bande-son que « nous avons beaucoup d’orgueil, mais pas celui d’être Rembrandt dans les musées ». Belle jeunesse, c’était en 1959, il y a 54 ans. Et nous y sommes : devenus « trésor national », Debord et ses archives sont exposés en grande pompe à la Bnf jusqu’à l’été 2013. Il l’aura bien cherché, conservant le double de ses lettres, archivant méticuleusement ses brouillons, et puis surtout esthétisant la rive gauche. Quand Debord écrivait un tract, rien n’était trop beau pour la révolution.

Entre célébration et fétichisme

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Jean-Louis Violeau

Jean-Louis Violeau est sociologue, professeur à l’ENSA de Nantes et enseignant à l’école urbaine de Sciences-po Paris. Il s'est entretenu avec Paul Virilio dans Littoral, la dernière frontière (Sens & Tonka, 2013).

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