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Les aventures de la conscience historique au Rwanda

mai 2010

#Divers

Un génocide interpelle l’histoire humaine de façon contradictoire. Il mobilise d’une part des interrogations sur les processus qui ont pu conduire à cette horreur absolue, suscitant des débats passionnés sur les arrière-plans historiques, sur les responsabilités engagées à court ou long terme1. Il tétanise d’autre part les victimes de cette tentative d’extermination, il inspire une fascination morbide qui tend à faire de l’événement un moment à la fois révélateur et fondateur, au risque de rejeter comme négligeable tout ce qui a précédé. Le camp d’extermination nazi devient un lieu incompréhensible, où l’humanité s’anéantit dans un mystère du mal2.

De même, sur une de ces collines touchées par la « saison des machettes », Jean Hatzfeld constate cette sorte de vide humain :

Sur la commune de Nyamata, pas un réflexe de camaraderie de footeux, pas un geste de compassion pour les nourrissons à relever. Aucun lien d’amitié ou d’amour qui ait survécu3

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