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Sang, sorcières et Suspiria

janv./févr. 2019

Au panthéon du cinéma de genre, aux côtés des chefs-d’œuvre de John ­Carpenter ou de Paul Verhoeven, figure un long métrage italien de 1977, réalisé par un cinéaste talentueux à la filmographie inégale, Dario Argento : Suspiria. À la fois giallo, genre particulier de films à mystères transalpin, thriller et film d’horreur, il raconte, en une heure trente, le parcours initiatique de Suzy (Jessica Harper), danseuse américaine venant étudier à Fribourg, dans une étrange académie, où le surnaturel semble régner. Son influence sur l’horreur et le gore ultérieurs est telle que le 21 novembre dernier, un remake au même titre, sous la caméra de Luca Guadagnino, est sorti en salles. Mais d’où les cinéphiles tirent-ils leur fascination, et les studios leur intérêt, pour continuer à explorer une telle histoire archétypale ?

Pas un plan de Suspiria d’Argento ne paraît échapper aux expérimentations du cinéaste et de son chef opérateur Luciano Tovoli avec la lumière, depuis l’éclairage urbain et les éclairs illuminant le visage de Suzy dans le taxi jusqu’aux accentuations du rouge et du bleu dans l’école de danse.

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Louis Andrieu

Etudiant à Sciences-Po Paris, cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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Largement sous-estimée, l’œuvre de Claude Lefort porte pourtant une exigence de démocratie radicale, considère le totalitarisme comme une possibilité permanente de la modernité et élabore une politique de droits de l’homme social. Selon Justine Lacroix et Michaël Fœssel, qui coordonnent le dossier, ces aspects permettent de penser les inquiétudes démocratiques contemporaines. À lire aussi dans ce numéro : un droit à la vérité dans les sorties de conflit, Paul Virilio et l’architecture après le bunker, la religion civile en Chine, les voyages de Sergio Pitol, l’écologie de Debra Granik et le temps de l’exil selon Rithy Panh.