Palais de l'Elysée, Wikimédia
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L’État face à son impuissance

L’État centralisé traverse une crise d’autorité et de confiance, dont la gestion de la crise sanitaire constitue l’exemple le plus récent. La réponse à la pandémie est pourtant l’occasion de rapprocher le pouvoir des territoires, tant elle repose sur l’organisation de l’espace public au niveau local.

Lorsqu’il a été décidé, en mars dernier, de lutter contre l’épidémie depuis le Conseil de défense, dont les discussions sont couvertes par le sceau du secret, les plus hauts responsables de l’État ont dû se dire que le virus n’avait qu’à bien se tenir : il ne saurait rien de notre stratégie ! Les réunions ne se tiennent plus dans le bunker antiatomique de l’Élysée, qui était tout de même bien peu ventilé et sans doute un peu ridicule, mais les décisions sont toujours prises dans ce cadre très peu contraignant1. Depuis le premier confinement survenu comme un choc, force est de constater que la gestion de la crise est restée très centralisée.

C’est qu’en guise de relocalisation des décisions, le gouvernement a préféré un timide différentialisme décidé d’en haut. Une concertation a essentiellement consisté en des discussions de détails entre les maires et les préfets, ces derniers demeurant décisionnaires, jusqu’aux récents confinements locaux, envisagés un an après le début de l’épidémie. Le gouvernement commence ainsi tout juste à penser local, après l&rs

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Matthieu Febvre-Issaly

Doctorant en droit public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Mathieu Febvre-Issaly est spécialisé en droit constitutionnel comparé et en théorie du droit.

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.