Guy Goffette - Livre sur la Place 2014 | Photo : ActuaLitté via Wikimédia (CC BY-SA 2.0)
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Guy Goffette, à la recherche du pain perdu

juil./août 2020

Le poète réunit à la table du présent des poèmes dispersés par le vent, balayés par le temps. Il a récolté la poussière, rassemblé les miettes (merveilleuses), ordonné ce rien décisif que nous appelons poésie.

Il faut mériter sa couronne, ce qui est vrai pour le sport est valable pour la littérature. Guy Goffette, le médaillé belge de la poésie, ne cesse de contenter son lectorat, et même de le combler, ainsi que le confirme son dernier recueil, nourri de très beaux vers[1]. Lisant ce titre, Pain perdu, les mots de Serge Reggiani sont les premiers qui nous reviennent : « Le temps, c’est comme ton pain/ Gardes-en pour demain.» Formule que l’interprète tient de son père et qui n’est pas perdue, elle, fixée qu’elle est dans la mémoire collective par le prisme d’une mémorable chanson (Le Temps qui reste). Ce rappel passé, on pense à une recette, le plat du pauvre, recyclé, composé d’ingrédients simples : pain, lait, œufs, beurre. Les images entourant le pain perdu ne manquent pas : on le dit « doré » au Canada, « dorée » dans le Périgord, « crotté » ou « ferré » dans le Nord. C’est encore un conteur, Georges Brassens, qui s’est longtemps espéré poète et l’est devenu par la chanson – prolongeant, sur tous les tons, la ballade de François Villon – qui se souvient dan

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Nicolas Dutent

Journaliste à l'Humanité et à France Culture, critique, compagnon des Lettres Françaises, il a récemment publié son entretien avec Jean-Luc Nancy, Marquage Manquant et autres dires de la peau (Les Venterniers, 2017)

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Ce dossier coordonné par Jean Godefroy Bidima et Antoine Garapon fait entendre les voix multiples de l’Afrique. Depuis leur perspective propre, ces voix africaines débordent la question postcoloniale et invitent au dialogue ; elles participent à la construction d'une commune humanité autour d’un projet de respect de la vie. À lire aussi dans ce numéro double : la participation dans le travail social, les analogies historiques de la pandémie, les gestes barrières face aux catastrophes écologiques, l’antiracisme aux États-Unis et l’esprit européen de Stefan Zweig.