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Le sexe après sa révolution | Face à l'obscénité du monde

L’expression de la sexualité dans la littérature contemporaine (Bret Easton Ellis, Michel Houellebecq) ne tient plus à l’érotisme, à la confession ou à la transgression des tabous ; elle dénonce l’obscénité du monde marchand qui privatise les désirs les plus intimes.

En 1960, Esprit comptait dans son numéro dédié à la sexualité un article sur le paysage littéraire intitulé « Le sexe et l’écrivain » : Radiguet, Sagan, Klossowski, Miller et d’autres en constituaient les lignes et reliefs1. Alfred Simon s’interrogeait sur la possibilité de la transgression littéraire et faisait le constat d’une libéralisation des mœurs en cours modérant la portée subversive du récit de la sexualité. Son questionnement s’achève ainsi : le récit de la sexualité ne prend-il pas le risque de tourner à vide, de s’exaspérer lui-même ? Les textes de Burroughs ou de Bukowski n’ont alors pas encore franchi l’Atlantique pour se retrouver dans les librairies françaises ; Mai 68 n’a pas eu lieu ; les images de Woodstock n’ont pas encore fait le tour du monde, cristallisant dans la mémoire collective l’élan de la libération sexuelle et de la jeunesse.

Il nous faut reprendre l’interrogation là où elle s’est ouverte, ne serait-ce que pour esquisser une généalogie de nos romans contemporains. De quoi la sexualit&eacut

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Nicolas Léger

Professeur de lettres et de philosophie au lycée Victor-Hugo de Florence, il a récemment publié « Soumission, ou l'épuisement de tout » (Esprit, novembre 2018).

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La révolution sexuelle a bien eu lieu : la liberté et l’égalité des désirs sont désormais inscrites dans le droit et les mœurs. Pourtant, avec le sida, les violences et une norme de réflexivité, le sexe est habité par une inquiétude nouvelle. Ce dossier cherche à en prendre la mesure. A lire aussi, des articles sur la police des favélas et le péril du populisme