Notes de lecture

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Anthologie bilingue de la poésie latine sous la dir. de Philippe Heuzé

Avec la collaboration d’André Daviault, Sylvain Durand, Yves Hersant, René Martin et Étienne Wolff

« Ce livre veut célébrer la rencontre de la poésie et de la langue latine sur plus de deux mille ans. » La belle préface de Philippe Heuzé à cette aventure éditoriale inédite fait ainsi justice d’un certain nombre de clichés, ou pour le moins de propos imprudents sur la langue latine, souvent considérée comme la langue des « instituteurs musclés de l’Europe », langue de paysans, marchands et soldats. Sans doute la citation de Nietzsche mentionnée par l’auteur, à propos des Odes d’Horace – « Dans certaines langues, il n’est même pas possible de vouloir ce qui est réalisé ici » –, résume le vibrant éloge, déjà celui de Valéry dans sa préface à sa traduction des Bucoliques, qui fait de la langue latine une voie royale pour la poésie : flexibilité, imprécision, économie de l’article, liberté de l’ordre des mots dans la phrase. C’est dire aussi si cette anthologie fait sereinement justice d’un second cliché : cette poésie latine s’avoue tributaire de la poésie grecque, en particulier des « délicatesses de la lyrique grecque »

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Gallimard, 2020
1920 p. 69 €

Cécilia Suzzoni

Professeure honoraire de chaire supérieure au Lycée Henri IV, Cécilia Suzzoni est la fondatrice et présidente d'honneur de l'Association le latin dans les littératures européennes (ALLE). Elle a notamment dirigé, avec Hubert Aupettit, l'ouvrage Sans le latin (Fayard, 2012)

Dans le même numéro

Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.