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Notes de lecture

Dans le même numéro

Ils font vivre le journalisme en Russie ! Portraits de journalistes indépendants Sous la dir. de Johann Bihr

Préface de Marie Mendras

mai 2022

Selon le dernier classement de Reporters sans frontières (RSF), la Russie occupe aujourd’hui la 150e place sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse. Cet indice semble résumer la situation des journalistes dans le plus vaste pays du monde, marqué par une histoire tragique et où bien des conflits gelés ou non entachent la liberté d’expression et de jugement. Comme l’indique Jeanne Cavelier, ancienne correspondante à Moscou et responsable du bureau Europe de l’Est et Asie centrale de RSF, trente-sept journalistes ont été tués dans le pays à cause de leur travail depuis que Poutine a été élu président en 2000. Pourtant, en tant que membre du Conseil de l’Europe, la Fédération de Russie s’est engagée à respecter certaines normes. On se plongera avec intérêt et attention dans ce portrait de quinze personnalités qui font vivre le journalisme en Russie. Ils ne travaillent pas seulement dans les médias les plus connus à l’extérieur comme Lenta.ru, la Novoïa Gazeta (le journal d’Anna Politevskaïa, assassinée le 7 octobre 2006, et dont le directeur vient de recevoir le prix Nobel de la paix), ou la radio Écho de Moscou et la chaîne de télévision indépendante Dojd (qui vient d’être placée par la justice russe sur la liste des « agents de l’étranger »). La grande valeur de cet ouvrage, écrit Marie Mendras dans sa préface, tient à la diversité des villes et des régions où travaillent ces journalistes. Il s’agit surtout de préoccupations locales,

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Les Petits Matins, 2021
126 p. 10 €

Eugène Berg

Eugène Berg, né le 23 septembre 1945, est un essayiste et diplomate français. Spécialiste de la Russie et du Pacifique, il a notamment publié Non-alignement et nouvel ordre mondial (1980).

Dans le même numéro

Patrimoines contestés

Depuis la vague de déboulonnage des statues qui a suivi l’assassinat de George Floyd, en mai 2020, la mémoire et le patrimoine sont redevenus, de manière toujours plus évidente, des terrains de contestation politique. Inscrire ces appropriations de l’espace urbain dans un contexte élargi permet d’en comprendre plus précisément la portée : des manifestations moins médiatisées, comme l’arrachement de la statue d’un empereur éthiopien en Grande-Bretagne, ou touchant à des strates d’histoire inattendues, comme la gestion de la statuaire soviétique, participent d’une même volonté de contester un ordre en dégradant ses symboles. Alors qu’une immense statue célébrant l’amitié russo-ukrainienne vient d’être démontée à Kiev, le dossier de ce numéro, coordonné par Anne Lafont, choisit de prendre au sérieux cette nouvelle forme de contestation, et montre que les rapports souvent passionnés que les sociétés entretiennent avec leur patrimoine ne sont jamais sans lien avec leur expérience du conflit. À lire aussi dans ce numéro : l’histoire, oubli de l’inconscient ?, le prix de l’ordre, pour une histoire européenne, les femmes dans l’Église, les réfugiés d’Ukraine et nos mélancolies secrètes.