Do not follow this hidden link or you will be blocked from this website !

Notes de lecture

Dans le même numéro

Politiques du désordre. La police des manifestations en France d'Olivier Fillieule et Fabien Jobard

avril 2021

La brutalisation découle d’une nouvelle appréhension des manifestations par les autorités, qui ne les perçoivent plus comme un vecteur légitime d’expression mais comme un foyer de tensions appelant des politiques de répression.

Le livre d’Olivier Fillieule et Fabien Jobard apporte une profondeur historique et une hauteur de vue bienvenues dans un contexte où le maintien de l’ordre se mue en un polysémique désordre.

Les deux auteurs sont sociologues ; leur domaine de recherche privilégié porte sur les mobilisations sociales, les manifestations et leurs rapports aux autorités. Mais ils abordent la question du maintien de l’ordre sous les prismes historique, juridique, politique et médiatique. Cette approche plurielle permet de répondre à la question qui sous-tend le livre : comment expliquer la brutalisation actuelle du maintien de l’ordre ? Le dernier chapitre propose une réponse étayée : la brutalisation découle d’une nouvelle appréhension des manifestations par les autorités, qui ne les perçoivent plus comme un vecteur légitime d’expression mais comme un foyer de tensions appelant des politiques de répression.

D’abord violent et meurtrier, le maintien de l’ordre se pacifie dans la seconde moitié du xixe siècle sous le triple effet de la structuration du mouvement ouvrier, de la sédentarisation des forces de l’ordre, qui apprennent à connaître les manifestants, et de la formalisation progressive d’une doctrine de maintien de l’ordre. Le xxe siècle voit la naissance d’unités dont le maintien de l’ordre est le métier et, à partir de 1968, s’élabore une doctrine qui privil

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, 2020
304 p. 21 €

Léo André

Léo André est administrateur des services de l'Assemblée nationale. Il est diplômé de l'Ecole Centrale de Lyon et de Sciences Po Paris.

Dans le même numéro

Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.