Notes de lecture

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Une histoire des banlieues françaises d’Erwan Ruty

janv./févr. 2021

Il n’est jamais aisé d’historiciser un objet neuf à l’échelle de l’histoire contemporaine, en l’occurrence, les banlieues populaires françaises, tant le recul manque pour prétendre en proposer une histoire globale. Il faut donc saluer l’ambition du livre d’Erwan Ruty, quand bien même le titre de son ouvrage est en partie trompeur. Les banlieues populaires ne forment pas en effet la géographie physique des banlieues françaises. Mais alors que faudrait-il dire ? « Banlieues défavorisées », « banlieues sensibles », « quartiers », « cités » ? Aucune de ces formules tant usitées durant les années 1980 ne fut convaincante…

À dire vrai, cette histoire des banlieues populaires françaises tient moins d’une analyse historique de ces lieux, socialement et politiquement mis au ban de l’espace du droit commun, que d’une chronique fouillée et précise de la France périurbaine des quarante dernières années, l’auteur s’attachant à faire le récit de l’évolution de ces lieux en miroir de l’évolution sociopolitique du pays. Aucun fait, ou presque, ne manque, qu’ils s’inscrivent dans la vie politique du pays, la vie des idées, les mutations économiques de l&rs

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Éditions François Bourin, 2020
413 p. 22 €

Hacène Belmessous

Chercheur indépendant, il a récemment publié Les laboratoires de la haine (Demopolis, 2019).

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Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».