Notes de lecture

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Un archipel des solidarités. Grèce 2017-2020 de Christiane Vollaire et Philippe Bazin

« Quand j’ai commencé à travailler avec D., on était très motivés, idéalistes, voulant aider les gens. Mais moi, après dix-huit mois, je suis déprimé et je dis : “On ne peut rien faire.” J’appartiens à un système qui exerce la biopolitique comme science d’une impuissance contre le système. » Livré par M. P., un sociologue ayant fait le choix de mettre ses compétences au service des migrants, ce témoignage est loin de refléter le fil conducteur de cet ouvrage. Fruit d’une collaboration entre une philosophe et un photographe, restituant tantôt la parole des cent vingt-trois interviewés, surplombant à d’autres moments son terrain par une lecture analytique ou par un angle photographique que l’on pourrait qualifier d’universel, Un archipel des solidarités est en réalité un récit des résistances grecques au quotidien et une invitation à l’espoir. Rompant avec la mélancolie souvent paroissiale – si ce n’est franchement narcissique – qui marque nos temps, il montre que tout au long des années 2010, la Grèce, membre de l’Union européenne, subit un triple choc, dans l’indifférence presque totale des opinions publiques européennes : l’effondrement dramatique du niveau de vie orchestré par la troïka (la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international) ; une configuration quasi révolutionnaire balayant l’ancienne élite pour porter au pouvoir la très jeune Coalition de la gauche radicale Syriza, qui ne mettra cependant pas long

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Loco, 2020
364 p. 28 €

Hamit Bozarslan

Directeur d'études à l'Ehess, il est notamment l’auteur de l'Histoire de la Turquie de l'Empire à nos jours (Tallandier, 2015) et de Révolution et état de violence. Moyen-Orient 2011-2015 (Cnrs, 2015). Il est membre du Conseil de rédaction d'Esprit. 

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Les difficultés rencontrées pendant la gestion de l’épidémie de Covid-19 ont remis en lumière le rapport paradoxal que la France entretient avec son État. Parce qu’il est censé décider de tout, il est le recours vers lequel tous se tournent en situation de crise, en même temps qu’il concentre l’essentiel des critiques. Au-delà de la crise sanitaire, la question d’un juste partage des responsabilités entre l’État et d’autres acteurs - les collectivités territoriales, les citoyens, les syndicats ou les entreprises- pour construire un horizon d’action commun se pose. Alors même que la pandémie marque le retour en grâce de l’action publique, comment changer concrètement la figure de l’État pour apaiser sa relation avec la société et lui permettre de répondre aux aspirations contemporaines en matière d’écologie et de justice sociale ? C’est à cette question que s’attache ce dossier, coordonné par Lucile Schmid.