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Notes de lecture

Dans le même numéro

Emmanuel Mounier d’hier à aujourd’hui. L’actualité d’une pensée

de Jacques Le Goff

octobre 2021

L’ouvrage de Jacques Le Goff, fruit d’une série d’entretiens avec Jean-Yves Boudehen, sort de l’oubli la pensée du fondateur d’Esprit, Emmanuel Mounier1. Un oubli dû à l’usure du temps, mais aussi à des causes plus profondes : pour beaucoup, Emmanuel Mounier demeure un penseur chrétien, ce qui devrait d’emblée limiter la portée de son œuvre. Or, s’il fut effectivement un chrétien véritable, Mounier ne cessa d’affirmer la laïcité comme un absolu de sa pensée. De la même manière, quand, pendant la Seconde Guerre mondiale, il fit reparaître la revue Esprit ou participa à l’école d’Uriage – ce que les champions de l’anachronisme ont vu comme une adhésion à Vichy –, il démontra qu’il se situait à mille lieues de la collaboration, qu’il s’engageait au contraire au cœur de la mêlée, ce qui lui valut d’être emprisonné, puis libéré au terme d’une grève de la faim qui ne fut pas sans conséquences sur sa santé et son décès prématuré, à l’âge de 45 ans, en 1950.

Il est vrai que le personnalisme, cher à Mounier, peut prêter à confusion. Mais, derrière le mot qui paraît usé, se tient une double volonté. Tout d’abord, Mounier se refuse à l’esprit de système. Il préfère exposer sa pensée au risque de l’événement qui sera, selon ses mots, « son maître intérieur », conduisant la revue en première ligne des combats de l’époque, pendant la guerre d’Espagne notamment. L’autre souci de Mounier

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Presses universitaires de Rennes, 2021
220 p. 20 €

Jacques-Yves Bellay

Essayiste et romancier, il a récemment publié La Dame de Galway et Le Dictionnaire impertinent de Saint-Malo (Yellow Concept, 2019).

Dans le même numéro

La publication du rapport Duclert a réouvert le débat sur les responsabilités du gouvernement, de la diplomatie et de l’armée françaises dans le génocide des Tutsi au Rwanda. À partir d’une lecture de ce rapport, le présent dossier propose de réfléchir à ce que nous avons appris, dans les vingt-cinq ans qui nous séparent des faits, sur l’implication de la France au Rwanda. Quelles leçons peut-on tirer des événements, mais aussi de la difficulté, dans les années qui ont suivi, à s’accorder sur les faits et à faire reconnaitre la vérité historique ? Quels constats cette histoire invite-t-elle sur le partage des responsabilités entre autorités politiques et militaires, sur les difficultés inhérentes aux opérations extérieures, notamment en Afrique, et enfin sur le bilan de ces interventions, au moment où la France choisit de réduire sa présence au Sahel ? Au-delà du seul cas français, l’échec de la communauté internationale à prévenir le génocide rwandais invite en effet à repenser le cadre des interventions armées sur les théâtres de conflits et de guerres. À lire aussi dans ce numéro : l’avenir de l’Afghanistan, djihadisme et démocratie, gouverner le trottoir, à qui profite le crime ?, le retour à Rome d’Hédi Kaddour et le carnaval Belmondo.