Édition de Frantz Olivié
Cofondateur des éditions Anacharsis, Frantz Olivié témoigne de son amour des livres et critique le monde de l’édition. Pour lui, les pratiques « qui consistent à faire advenir un livre et à le vendre » sont, aujourd’hui en France, principalement marquées par « la surproduction et le conformisme ». Un examen des chiffres disponibles révèle en effet que « les tombereaux de volumes en vrac continuellement déchargés sont comme une inondation qui menace de noyade la totalité du secteur ». Et l’exigence de rendre les livres produits visibles conduit à une « gesticulation médiatique » qui favorise le développement d’une « culture d’aéroport » au détriment de l’inventivité. S’inquiétant de la financiarisation du livre, rendue possible par la numérisation et conduite à « l’apothéose » par l’intelligence artificielle, il rappelle que « jamais une IA ne pourra avoir le goût des mots ». À contre-courant des tendances dénoncées, l’ouvrage est ainsi un plaidoyer pour une véritable édition de création, qui repose moins sur le compte d’exploitation que sur un désir, une conviction, une liberté.