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Notes de lecture

Dans le même numéro

Les pharisiens dans les Évangiles et dans l’histoire de Mireille Hadas-Lebel

mars 2022

Les sources disponibles concernant les pharisiens sont réduites : les ouvrages de Flavius Josèphe à la fin du ier siècle de l’ère chrétienne, le Nouveau Testament avec sa célèbre malédiction : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! », et la tradition rabbinique, que l’historienne ne peut solliciter qu’« à titre d’appoint » car elle est plus tardive. Ces sources permettent toutefois à Mireille Hadas-Lebel de dresser un portrait de l’ancienne secte juive, dont la mauvaise réputation de fausse dévotion a contribué au mépris chrétien à l’égard du judaïsme et dont une approche historique peut servir l’amitié judéo-chrétienne. Faisant remonter l’origine des pharisiens à la révolte des Maccabées, Mireille Hadas-Lebel insiste sur la fonction politique du groupe, qui appelle le peuple juif à revendiquer sa liberté contre les Romains. Les pharisiens se distinguent par ailleurs des autres sectes juives (les esséniens et les sadducéens, notamment) par la croyance à la résurrection des âmes et au libre arbitre. La querelle entre Jésus et les pharisiens s’inscrit, pour l’historienne, dans le cadre normal des débats sur le sens de la loi, au point qu’on peut se demander si Jésus était lui-même pharisien. La malédiction de Jésus contre les pharisiens pourrait ainsi se lire comme l’usage d’une fonction prophétique : la mise en garde du peuple contre l’idolâtrie et l’injustice. L’ouvrage conclut donc à leur proximité

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Albin Michel, 2021
208 p. 19,90 €

Jonathan Chalier

Rédacteur en chef adjoint de la revue Esprit, chargé de cours de philosophie à l'École polytechnique.

Dans le même numéro

Retrouver la souveraineté ?

L’inflation récente des usages du mot « souveraineté », venue tant de la droite que de la gauche, induit une dévaluation de son sens. Dévaluation d’autant plus choquante à l’heure où, sur le sol européen, un État souverain, l’Ukraine, est victime d’une agression armée. Renvoyant de manière vague à un « pouvoir de décider » supposément perdu, ces usages aveugles confondent souvent la souveraineté avec la puissance et versent volontiers dans le souverainisme, sous la forme d’un rejet de l’Union européenne. Ce dossier, coordonné par Jean-Yves Pranchère, invite à reformuler correctement la question de la souveraineté, afin qu’elle embraye sur les enjeux décisifs qu’elle masque trop souvent : l’exercice de la puissance publique et les conditions de la délibération collective. À lire aussi dans ce numéro : les banlieues populaires ne voteront plus, le devenir africain du monde, le destin du communisme, pour une troisième gauche, Nantes dans la traite atlantique, et la musique classique au xxie siècle.