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L’efficacité prouvée de la non-violence

septembre 2021

L’essai d’Erica Chenoweth et Maria J. Stephan, Pouvoir de la non-violence. Pourquoi la résistance civile est efficace, déconstruit un préjugé tenace au sujet des révolutions, en démontrant que la non-violence est statistiquement plus fructueuse que les révoltes armées. Il ouvre des perspectives stimulantes pour affronter les crises politique et écologique.

La publication en français de Pouvoir de la non-violence. Pourquoi la résistance civile est efficace, dix ans après sa parution aux États-Unis, avec une préface de Jacques Semelin1, est une excellente nouvelle. Couronné de plusieurs prix depuis sa parution en 2011, l’ouvrage des universitaires américaines Erica Chenoweth et Maria J. Stephan, à la fois sérieux et détonnant, séduit à un double titre : d’une part, il met à mal la conviction selon laquelle « seule la violence paie » en s’appuyant sur une méthode rigoureuse. D’autre part, il soutient que le temps des révolutions violentes est globalement révolu, preuves à l’appui.

La thèse du livre est que, contrairement à ce que l’on croit en général, les insurrections non violentes sont plus efficaces que leurs équivalents violents : elles atteignent leurs objectifs trois fois sur quatre contre une fois seulement pour les révoltes ou tentatives de révolutions violentes. De plus, les mouvements de résistance civile (non violents) offrent de bien meilleures perspectives d’avenir démocratique que les révoltes violentes, qui ouvrent le plus souvent la voie à des régimes peu soucieux des droits humains. Pour parvenir à cette conclusion contre-intuitive, les deux chercheuses se fondent sur l’étude comparative de 323 insurrections, qui se sont produites entre 1900 et 2006, ainsi que sur l’analyse détaillée de quatre cas exemplaires : l’Iran (1979) la

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Calmann-Lévy, 2021
488 p. 24,5 €

Laurence Hansen-Löve

Agrégée de philosophie, titulaire d'une maîtrise passée sous la direction de Vladimir Jankélévitch et d’un DEA, Laurence Hansen-Løve a été professeure de philosophie en classes de terminale et en classes préparatoires et maître de conférences à Sciences po Paris. Elle est actuellement chargée de cours à l'Institut privé de préparation aux études supérieures. Ses essais portent sur la dimension…

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La question du logement nous concerne tous, mais elle peine à s’inscrire dans le débat public. Pourtant, avant même la crise sanitaire, le mouvement des Gilets jaunes avait montré qu’elle cristallisait de nombreuses préoccupations. Les transformations à l’œuvre dans le secteur du logement, comme nos représentations de l’habitat, font ainsi écho à nombre de défis contemporains : l’accueil des migrants, la transition écologique, les jeux du marché, la place de l’État, la solidarité et la ségrégation… Ce dossier, coordonné par Julien Leplaideur, éclaire les dynamiques du secteur pour mieux comprendre les tensions sociales actuelles, mais aussi nos envies de vivre autrement. À lire aussi dans ce numéro : le piège de l’identité, la naissance du témoin moderne, Castoriadis fonctionnaire, le libéralisme introuvable, un nouveau Mounier et Jaccottet sur les pas d’Orphée.