Notes de lecture

Dans le même numéro

Sur la Commune de Paris. Textes et controverses de Karl Marx et Friedrich Engels

juin 2021

Pour commémorer, malgré les réticences de certains, la Commune de Paris, cent cinquante ans après ses soixante-douze jours d’existence, sans doute faut-il revenir aux sources, aux textes de luttes écrits par ses membres et aux analyses de Marx et Engels sur cet événement historique. Le premier mérite de l’ensemble publié par Les éditions sociales et introduit par un essai novateur de Stathis Kouvélakis est donc de permettre, dans un format et à un prix accessibles, de revivre quelques mois d’une actualité brûlante, en 1870 et 1871.

Le lecteur sera sans doute surpris, en effet, de constater comment Marx, à l’été 1870, écrit à son ami et coauteur Engels que « ces Français ont besoin d’une raclée », et qu’une défaite de la France, en plus d’éteindre pour un temps ses tendances cocardières, déplacerait le cœur des luttes ouvrières en Allemagne, permettant « en même temps la suprématie de notre théorie sur celle de Proudhon » ! Huit jours après cette lettre déconcertante, Marx amende son opinion auprès de ses filles, considérant qu’une déroute française mènerait à la révolution, tandis qu’une victoire de l’autre côté du Rhin ne ferait que prolonger le militarisme prussien encore vingt ans. Engels, toutefois, prolonge résolument la vision opportuniste du conflit : l’unité allemande permettrait d’importantes marges d’action pour les travailleurs, leurs camarades français souffriraient moins sans le bonapartisme, et la défaite du second E

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Les Éditions sociales, 2021
432 p. 20 €

Louis Andrieu

Cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

Dans le même numéro

Les enquêtes de santé publique font état d’une épidémie de fatigue dans le contexte de la crise sanitaire. La santé mentale constitue-t-elle une « troisième vague  » ou bien est-elle une nouvelle donne sociale ? L’hypothèse suivie dans ce dossier, coordonné par Jonathan Chalier et Alain Ehrenberg, est que la santé mentale est notre attitude collective à l’égard de la contingence, dans des sociétés où l’autonomie est devenue la condition commune. L’épidémie ne provoque pas tant notre fatigue qu’elle l’accentue. Cette dernière vient en retour révéler la société dans laquelle nous vivons – et celle dans laquelle nous souhaiterions vivre. À lire aussi dans ce numéro : archives et politique du secret, la laïcité vue de Londres, l’impossible décentralisation, Michel Leiris ou la bifurcation et Marc Ferro, un historien libre.