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Notes de lecture

Dans le même numéro

L’épreuve de vie, une expérience politique

janv./févr. 2022

Pierre Rosanvallon étudie les mobilisations politiques récentes et tâche de renouveler nos catégories d’analyse via le récit et le témoignage. À travers la description de quatre épreuves, le mépris social, l’injustice, la discrimination et l’incertitude, l’auteur entend donner une place nouvelle aux émotions dans la compréhension de nos sociétés contemporaines.

Annoncé depuis plusieurs livres, cet essai de Pierre Rosanvallon, Les Épreuves de la vie, était attendu. De multiples mobilisations sociales et politiques récentes ont suscité un sentiment d’impuissance explicative. D’où vient cette colère ? Pourquoi ne l’a-t-on pas vue venir ? Que nous dit-elle ? Sommes-nous capables de l’entendre ? Ce n’est pas seulement la classe politique qui reste sourde aux revendications « d’en bas » ou les médias qui recyclent des discours convenus. Ce sont bien nos catégories de lecture de la société qui sont elles-mêmes prises en défaut. Le fait même que des mouvements comme celui des Gilets jaunes, dans leur insaisissable diversité, n’aient pas été du tout anticipés indique une défaillance de nos catégories d’analyse.

Devant ce désarroi partagé, que faire ? Pour une partie de la gauche, l’affaire est entendue : le malaise vient d’un refus de parler des « classes sociales », par abandon du combat idéologique. Mais fait-on l’effort de comprendre ce que ces termes disent encore du système productif, de l’assignation identitaire, des rapports de force au sein de la société – ou de ce qu’ils cachent ? Comment les individus ressentent-ils leur identité sociale, voient-ils leur position dans la société et expriment-ils leur sentiment d’appartenance – ou de désaffiliation ?

Renouveler les catégories d’analyse par le récit personnel

Dans le chapitre programmatique final de son autobiographie intellectuelle, Notre histo

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
Seuil, coll. « Le compte à rebours », 2021
216 p. 19 €

Marc-Olivier Padis

Directeur de la rédaction d'Esprit de 2013 à 2016, après avoir été successivement secrétaire de rédaction (1993-1999) puis rédacteur en chef de la revue (2000-2013). Ses études de Lettres l'ont rapidement conduit à s'intéresser au rapport des écrivains français au journalisme politique, en particulier pendant la Révolution française. La réflexion sur l'écriture et la prise de parole publique, sur…

Dans le même numéro

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.