Notes de lecture

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Le pire n’est pas certain de Catherine et Raphael Larrère

Essai sur l’aveuglement catastrophiste

janv./févr. 2021

Dans la période que nous vivons, la collapsologie rencontre un succès indéniable. Elle semble forte de la lucidité sur les temps à venir et d’une prise de conscience impérative à l’ère de l’Anthropocène. L’ouvrage Le pire n’est pas certain passe au crible ce nouveau courant. Non pas évidemment pour nier les catastrophes présentes et à venir, ni même pour défendre une illusoire solution technologique, mais justement pour mettre au jour ce que la collapsologie a de nocif et de périlleux pour des luttes nécessaires en ces temps de périls. Ces dernières, selon l’ouvrage, peuvent miser sur les diversités locales et la responsabilisation politique.

Le propos entend sortir du dualisme stérile du business as usual et du fatalisme de l’effondrement. À n’envisager que « la » catastrophe dans son imminence inéluctable, on étouffe les possibles, qui sont pourtant le seul espoir de laisser surgir l’improbable et l’imprévu, même en temps de désastre. Les auteurs, loin de tomber dans la facilité des caricatures faites de la collapsologie, en reconnaissent les nuances et différents courants tout en en faisant une généalogie historique, philosophique et politique éclairante. Ils mon

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Premier Parallèle, 2020
208 p. 18 €

Nicolas Léger

Professeur de lettres et de philosophie au lycée Victor-Hugo de Florence, il a récemment publié « Soumission, ou l'épuisement de tout » (Esprit, novembre 2018).

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Les femmes sont au cœur de nombreux mouvements sociaux à travers le monde. Au-delà de la vague #MeToo et de la dénonciation des violences sexuelles, elles étaient nombreuses en tête de cortège dans le soulèvement algérien du Hirak en 2019 ou dans les manifestations contre le président Loukachenko en Biélorussie en 2020. En France, leur présence a été remarquée parmi les Gilets jaunes et dans la mobilisation contre le dernier projet de réforme des retraites. Dans leur diversité, les mouvements de femmes témoignent d’une visibilité et d’une prise de parole accrues des femmes dans l’espace public, de leur participation pleine et entière aux débats sur l’avenir de la cité. À ce titre, ils consacrent l’existence d’un « sujet politique féminin ».