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Notes de lecture

Dans le même numéro

Une jeunesse sacrifiée ? sous la dir. de Tom Chevalier et Patricia Loncle

janv./févr. 2022

Apportant des nuances à la thèse commode d’une « génération sacrifiée », cet ouvrage collectif permet de s’interroger sur la situation sociale de la jeunesse française.

Le constat sociologique de « générations fracturées par les inégalités sociales » interdit de considérer la jeunesse comme un bloc. La reproduction des inégalités distingue pourtant la France comme un capitalisme d’héritiers. Le « devenir adulte » et l’accès à l’autonomie y dépendent largement de la solidarité familiale. Ainsi, Camille Peugny note que « la familialisation de l’accès à l’autonomie des jeunes, outre qu’elle entretient la reproduction des inégalités, donne [aux jeunes] le sentiment de ne pas avoir la possibilité de faire réellement leurs preuves… » Ce manque d’opportunités pour s’affirmer, qui donne l’impression d’une vie empêchée, s’est accentué avec la crise sanitaire.

Pour Nicolas Charles, le « prix à payer de la massification scolaire » est le déclassement scolaire et la dévalorisation généralisée du diplôme. Ainsi, le niveau de dépenses par étudiant en France (inférieur à la moyenne de l’OCDE), croisé avec l’augmentation des formations privées, débouche sur une impasse : « l’expansion scolaire ne se traduit pas systématiquement par un accès plus égalitaire aux diplômes » et « ne règle rien aux inégalités intragénérationnelles ». Néanmoins, le propos omet la dimension d’émancipation culturelle et intellec

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Presses universitaires de France, 2021
120 p. 9 €

Pierre Cilluffo Grimaldi

Doctorant en communication à la Sorbonne, titulaire d'un Master en RSE à Paris Dauphine et d’une certification en entreprenariat de HEC Paris, Pierre Cilluffo Grimaldi étudie les représentations médiatiques de l'Amazonie dans le monde occidental et la façon dont elles polarisent les enjeux environnementaux

Dans le même numéro

Comment écrire l’histoire des marges ? Cette question traverse l’œuvre de Michel de Certeau, dans sa dimension théorique, mais aussi pratique : Certeau ne s’installe en effet dans aucune discipline, et aborde chaque domaine en transfuge, tandis que son principal objet d’étude est la façon dont un désir fait face à l’institution. À un moment où, tant historiquement que politiquement, la politique des marges semble avoir été effacée par le capitalisme mondialisé, l’essor des géants du numérique et toutes les formes de contrôle qui en résultent, il est particulièrement intéressant de se demander où sont passées les marges, comment les penser, et en quel sens leur expérience est encore possible. Ce dossier, coordonné par Guillaume Le Blanc, propose d’aborder ces questions en parcourant l’œuvre de Michel de Certeau, afin de faire voir les vertus créatrices et critiques que recèlent les marges. À lire aussi dans ce numéro : La société française s’est-elle droitisée ?, les partis-mouvements, le populisme chrétien, l’internement des Ouïghours, le pacte de Glasgow, et un tombeau pour Proust.