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Notes de lecture

Dans le même numéro

La danse du cratérope écaillé. Naissance d’une théorie éthologique de Vinciane Despret

Préface d’Isabelle Stengers

décembre 2021

Le titre du livre de Vinciane Despret suscite la curiosité. Qui sont, pour commencer, les cratéropes écaillés ? Des oiseaux qui vivent dans le désert du Néguev et qui ont la particularité d’avoir une danse au cours de laquelle chacun des participants cherche à se placer au milieu des autres. Cette danse a retenu l’attention des éthologues, dont Amotz Zahavi et son équipe, qui ont passé des années à observer le cratérope et à essayer d’interpréter ses comportements. Mais si le cratérope a bien des choses à nous dire, les chercheurs ont, eux aussi, bien des choses à dire de lui. Tout autant qu’au cratérope lui-même, le livre de Vinciane Despret est ainsi consacré aux discours sur le cratérope, à leur lieu d’origine et leurs motivations, conscientes ou non.

Le cratérope représente un cas d’altruisme atypique pour qui l’observe : c’est le dominant qui donne de la nourriture au dominé et il se fâche lorsque c’est l’inverse qui se produit. Une autre singularité est leur fameuse danse, par laquelle les cratéropes se mettent en danger, a priori inutilement, puisque leur ballet a lieu dans un endroit généralement non couvert, au lever du jour, alors qu’ils ont des difficultés à voir dans la pénombre. Ils deviennent ainsi une proie facile pour des prédateurs. Selon Amotz Zahavi, toutefois, la danse des cratéropes poursuit bien un but : la recherche du prestige auprès des femelles. Un comportement qui va à l’encontre des intérêts des cratéropes est ainsi réinterprété

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !
La Découverte, 2021
192 p. 17 €

Samuel Bidaud

Docteur en sciences du langage, Samuel Bidaud est chercheur postdoctoral à l'Université Palacky d'Olomouc (République tchèque) au département d'études romanes.

Dans le même numéro

Un monde en sursis

Le changement climatique a donné un nouveau visage à l’idée de fin du monde, qui verrait s’effondrer notre civilisation et s’abolir le temps. Alors que les approches traditionnellement rédemptrices de la fin du monde permettaient d’apprivoiser cette fin en la ritualisant, la perspective contemporaine de l’effondrement nous met en difficulté sur deux plans, intimement liés : celui de notre expérience du temps, et celui de la possibilité de l’action dans ce temps. Ce dossier, coordonné par Nicolas Léger et Anne Dujin, a voulu se pencher sur cet état de « sursis » dans lequel nous paraissons nous être, paradoxalement, installés. À lire aussi dans ce numéro : le califat des réformistes, la question woke, un hommage à Jean-Luc Nancy, la Colombie fragmentée, la condition cubaine selon Leonardo Padura, et penser en Chine.