Source : présidence de l’Ukraine
Source : présidence de l’Ukraine

L’Allemagne, la France et le révisionnisme russe

Les réactions voisines de Berlin et de Paris à l’invasion de l’Ukraine ne peuvent occulter les différences d’analyse entre les deux capitales sur ce conflit. Le débat de fond en Allemagne sur l’Ostpolitik contraste avec l’absence, en France, de remise en cause de sa politique russe. La coopération franco-allemande est plus que jamais indispensable pour jeter les bases d’une stratégie commune de l’Union européenne vis-à-vis de la Russie et de l’Europe orientale.


Les réactions de Berlin et Paris à l’invasion russe de l’Ukraine témoignent d’une grande proximité. Quelques jours avant cette offensive, Emmanuel Macron puis Olaf Scholz rencontrent Vladimir Poutine à Moscou pour tenter de le dissuader de s’engager dans cette aventure1. Lors du point de presse commun, le Chancelier mentionne également la réduction des espaces de libertés en Russie (interdiction de l’association Memorial, emprisonnement d’Alexeï Navalny…). Au lendemain du 24 février 2022, le président de la République condamne la « décision planifiée, décidée puis organisée par la Russie d’envahir l’Ukraine ». Cette agression, souligne-t-il, « marque un tournant géopolitique et historique majeur du xxie siècle ». Le 27 février, devant le Bundestag, O. Scholz évoque un « changement d’époque (Zeitenwende) dans l’histoire de notre continent ». Il fait à nouveau référence au contexte interne en Russie en estimant que cette « guerre d’agression » a pour « seule raison » la « liberté des Ukrainiennes et des Ukrainiens, qui met en question son propre régime d’oppression ». Depuis plus d’un an, Berlin et Paris accordent un soutien politique, financier et militaire à l’Ukraine, approuvant sa candidature à l’Union européenne, œuvrant pour faire adopter plusieurs trains de sanctions à l’encontre de la Russie, tout en veillant à éviter une escalade militaire – orientations que, dans leur majorité, Allemands et Français continuent de soutenir2.

La critique radicale de l’Ostpolitik

En Allemagne, l’invasion de l’Ukraine provoque une remise en cause fondamentale de l’Ostpolitik. À la notable exception d’Angela Merkel, qui défend pour l’essentiel son bilan, tout en admettant que « nous aurions dû réagir plus vite à l’agressivité de la Russie3 », la plupart des responsables allemands admettent leurs errements. L’ancien ministre des Affaires étrangères et actuel président fédéral Frank-Walter Steinmeier convient que ce que redoutait la Russie n’était pas l’élargissement de l’Otan, mais « l’expansion de la démocratie et l’aspiration à la liberté et aux droits ». Il reconnaît également que le gazoduc Nord Stream 2 était « clairement une erreur » et que « la philosophie du “changement par le commerce” (Wandel durch Handel) ne s’applique pas aux autocraties4  ». Successeur de Merkel à la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Friedrich Merz évoque le « champ de ruines de la politique étrangère et de sécurité allemande et européenne ». Il déplore une absence de clairvoyance largement partagée : « après l’intervention dans l’est de l’Ukraine et l’annexion de la Crimée [en 2014], nous aurions tous dû, sur l’ensemble de l’échiquier politique, comprendre ce qui se passait dans ce pays ». La plus lourde erreur a été, selon lui, le rejet de la candidature de l’Ukraine à l’Otan, par peur de provoquer un Poutine qui se préparait de longue date à cette confrontation.

Scholz rappelle, dans plusieurs tribunes, les nombreux signaux d’alerte qui ont précédé la guerre en Ukraine : discours de Poutine à Munich (2007), guerre en Géorgie (2008), annexion de la Crimée et occupation du Donbass (2014), empoisonnement de dissidents, répression de la société civile russe et soutien au régime de Bachar el-Assad. « Après la dissolution de l’Union soviétique et du pacte de Varsovie, les dirigeants russes ont tiré des conclusions très différentes de celles des dirigeants allemands et des autres capitales occidentales, observe Scholz. Plutôt que de considérer le renversement du communisme comme une opportunité pour davantage de liberté et de démocratie, le président Poutine l’a qualifiée de plus grande catastrophe géopolitique du xxe siècle5. »

Dissonances franco-allemandes sur le révisionnisme russe

Les milieux politiques français sont prompts à voir dans le retour de la guerre sur le continent européen la confirmation de la validité de leur politique étrangère et de défense (maintien d’un outil militaire, autonomie énergétique et stratégique, souveraineté européenne). Contrairement à l’analyse faite par Scholz et Steinmeier, l’effet de l’autoritarisme croissant du pouvoir russe sur son révisionnisme n’est pas vraiment pris en compte. La campagne présidentielle française se déroule sur fond d’offensive russe en Ukraine mais, à la différence des élections législatives allemandes de septembre 2021, lors desquelles les partis, tout en prônant le maintien du dialogue avec Moscou, fustigent la dérive autoritaire du régime russe, les candidats à l’Élysée ne s’étendent guère sur les raisons de cette rupture, inédite depuis 1945, de l’ordre européen. Dans leurs programmes, ils plaident pour « une intensification de notre diplomatie à la fois sur le plan multilatéral et bilatéral, notamment vis-à-vis de la Russie et de la Chine », évoquent la nécessité de « renouer le dialogue entre l’Union européenne et la Russie et [de] renforcer nos relations bilatérales avec Moscou », de « prendre en compte à la fois les craintes de la Russie et le strict respect de l’indépendance et des aspirations des pays d’Europe centrale et orientale », ou encore de « mener un dialogue de fond avec tous les acteurs dont la Russie pour construire un nouvel ordre de sécurité et de stabilité européen viable et durable ».

Quant aux parlementaires français, ils ne reviennent pas sur les signaux adressés à Moscou par l’Assemblée nationale puis par le Sénat qui, en 2016, ont appelé à une levée progressive ou à une non-reconduction des sanctions imposées en 2014 à la Russie. Le 30 novembre 2022, l’Assemblée nationale adopte finalement, à une large majorité de 303 voix (95 abstentions), une résolution « affirmant le soutien à l’Ukraine et condamnant la guerre menée par la Fédération de Russie », le jour même où le Bundestag qualifie de « génocide » (Völkermord) la « grande famine » (Holodomor) organisée en 1932-1933 par Staline en Ukraine. Dans une brève résolution, adoptée le 28 mars 2023, l’Assemblée nationale, à la quasi-totalité des députés présents (168 sur 170), « condamne » à son tour « le génocide commis par les autorités soviétiques, connu sous le nom de l’Holodomor », elle « invite le Gouvernement français à encourager sur la scène internationale un libre accès aux archives relatives à l’Holodomor, plus particulièrement en Fédération de Russie, afin de permettre aux historiens de poursuivre leurs recherches visant à établir et documenter les faits ». Fin novembre 2022, les membres du Bundestag s’étaient montrés plus précis et critiques vis-à-vis de Moscou en dénonçant la « politique idéologique de l’histoire », pratiquée par un « gouvernement autoritaire russe sous la direction de V. Poutine, qui empêche les recherches sur les crimes de Staline, y compris l’Holodomor ». Dans sa résolution, le Bundestag mentionnait la fermeture, fin 2021, par décision judiciaire, de l’association Memorial, illustration supplémentaire de « l’idéologie révisionniste » qui imprègne aujourd’hui la recherche historique russe. Les parlementaires allemands appelaient le gouvernement fédéral à « contrecarrer fermement toutes les tentatives de mettre en circulation des récits historiques russes unilatéraux » et à continuer à apporter une « aide politique, financière, humanitaire et militaire » à l’Ukraine, « victime d’une guerre d’agression, contraire au droit international, de la part de la Russie et de la politique impérialiste de V. Poutine ».

Quelles garanties de sécurité ?

En France, la thèse d’une absence de prise en considération des intérêts russes de sécurité à l’issue de la guerre froide reste populaire, le récit sur « l’humiliation » dont aurait été victime la Russie post-soviétique fait florès chez les responsables politiques et chez nombre d’experts, alors que l’instrumentalisation du « syndrome de Weimar » par la propagande du Kremlin est dénoncée dès l’annexion de la Crimée par des intellectuels russes de renom (Lilia Chevtsova, Sergueï Medvedev, Mikhaïl Iampolski)6. En Allemagne, ce thème de l’humiliation suscite aujourd’hui peu d’écho7 ; le rôle du traité de Versailles dans l’arrivée au pouvoir de Hitler est relativisé par les historiens8. Le 9 mai dernier 2022, devant le Parlement européen, c’est Macron lui-même qui évoque la nécessité de ne « jamais céder à la tentation ni de l’humiliation, ni de l’esprit de revanche, car ils ont déjà trop, par le passé, ravagé les chemins de la paix » – propos réitérés en juin, puis en octobre 2022. Le 9 mai 2022 à Berlin, le président de la République voit dans la décision d’envahir l’Ukraine « une erreur historique fondamentale pour son peuple, pour lui-même et pour l’histoire » – point de vue répété en septembre (« une énorme erreur »).

Début décembre 2022 à Washington, Macron évoque la perspective de négociations dans des termes qui font débat : « Un des points essentiels que nous devons aborder, comme le président Poutine l’a d’ailleurs toujours dit, c’est la peur que l’Otan vienne jusqu’à ses portes, c’est le déploiement d’armes qui peuvent menacer la Russie […] Le jour de la paix supposera des discussions. En premier chef pour les garanties envers l’Ukraine, pour son intégrité territoriale, sa sécurité dans la durée […] mais aussi pour la Russie, comme une partie qu’elle sera à un traité d’armistice et de paix. »

« En coordination avec nos partenaires, l’Allemagne est prête à des arrangements pour assurer la sécurité de l’Ukraine comme partie d’un possible règlement de paix d’après-guerre », écrit pour sa part Scholz dans Foreign Affairs. S’agissant des « garanties de sécurité » à la Russie, il reste prudent dans l’entretien qu’il accorde, en décembre 2022, à la presse régionale : « La priorité est que la Russie mette un terme sans délai à la guerre et retire ses troupes. Il est vrai qu’ensuite, la question sera de savoir comment nous pouvons assurer la sécurité en Europe. Naturellement, nous sommes prêts par exemple à parler avec la Russie de contrôle des armements en Europe. Nous l’avions déjà proposé avant la guerre et rien n’a changé sur ce point. »

Le chancelier n’hésite pas, dans la Süddeutsche Zeitung, à envisager la perspective d’un changement de régime à Moscou : « Quand cette guerre sera terminée et quand nous aurons affaire à une autre Russie, pacifique, alors peut-être un vivre-ensemble sera possible, mais le temps n’est pas venu. » En décembre 2022, lors de la remise d’une distinction à Irina Sherbakowa, militante de l’association Memorial, Scholz évoque « une Russie démocratique, pacifique, une Russie qui respecte les règles internationales, qui surmonte la mégalomanie impériale », perspective qui « peut apparaître peu vraisemblable aujourd’hui », mais qui « n’est pas exclue ».

Le 60e anniversaire du traité de l’Élysée, une occasion manquée

Les cérémonies du 60e anniversaire du traité franco-allemand ne donnent pas lieu à des initiatives communes fortes. Elles sont en revanche marquées par une polémique sur la fourniture à l’Ukraine de chars de bataille (Leclerc et Leopard 2), nouvelle illustration de la difficulté du tandem franco-allemand à être à l’initiative. Le 25 janvier 2023, au lendemain du sommet franco-allemand et à l’issue d’un bras de fer avec Varsovie, Scholz se prévaut de l’accord des États-Unis à la livraison de chars Abrams pour annoncer la fourniture à l’Ukraine de quatorze chars Leopard 2 et autoriser d’autres pays européens à livrer ces blindés de fabrication allemande. Agir en l’absence d’une décision similaire de Washington eût été « irresponsable », souligne Scholz pour écarter une action purement européenne. Le dîner organisé le 8 février 2023 à l’Élysée avec Vladimir Zelensky et Scholz ne donne pas lieu à une initiative commune.

Scholz tire les conclusions de la radicalisation du pouvoir russe en affirmant en juin 2022 devant le Bundestag que, « dans un avenir prévisible, un partenariat avec la Russie agressive et impérialiste de Poutine est inconcevable », et en évoquant d’ores et déjà l’après-Poutine. En France, malgré la mobilisation, réelle, autour de l’Ukraine, la Russie accapare toujours l’attention de la majorité de la classe politique et des experts. Tout en condamnant vigoureusement l’agression russe, Macron évoque peu le contexte intérieur en Russie et continue de privilégier, comme explication au comportement « impérialiste » du Kremlin, le traumatisme subi par la Russie post-soviétique, et envisage d’ores et déjà la négociation d’un règlement de paix, hypothèse jugée hasardeuse par nombre d’experts allemands9.

Les nuances dans les positions franco-allemandes sont encore perceptibles le 17 février 2023 à Munich, quand Macron et Scholz se succèdent à la tribune de la conférence de sécurité. Le chancelier allemand s’abstient d’aborder l’après-conflit en Ukraine. Il évoque en revanche « les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par les Russes en Ukraine » pour souligner que, « sans justice, il ne peut y avoir de paix durable ». Tout en constatant que, « très clairement, aujourd’hui, l’heure n’est pas au dialogue » avec Moscou, Macron estime qu’« il faut préparer dès maintenant les conditions et les termes de la paix », car il ne peut y avoir « de paix durable et complète sur le continent sans embrasser la question russe ». Et de déclarer : « Je ne crois pas une seconde au regime change ».

La décision du procureur de la Cour pénale internationale de lancer un mandat d’arrêt contre Poutine, qui rend dorénavant plus difficile la poursuite d’un dialogue avec le président russe, est diversement accueillie. Scholz se félicite de cette annonce, et le ministre fédéral de la Justice prévient que le président russe serait arrêté s’il se trouvait sur le sol allemand. À Paris, Catherine Colonna, ministre des Affaires étrangères, salue une « décision extrêmement importante », mais Macron ne réagit pas directement à cette annonce. Dans un message diffusé un an après les massacres commis à Boutcha, le président de la République accuse néanmoins « les dirigeants russes » d’avoir « laissé faire, voire encouragé » les crimes de guerre « avec pour objectif clair de soumettre la nation ukrainienne par la violence ».

La nécessité d’une approche commune franco-allemande

Dans son discours de Prague fin août 2022, Scholz a voulu prendre en compte « le déplacement du centre de l’Europe vers l’est ». Responsables politiques et chercheurs allemands ont engagé une réflexion sur une « nouvelle Ostpolitik », européanisée, sur une réforme de la politique d’élargissement et de voisinage et sur le renforcement des capacités de l’Union européenne dans le domaine de la sécurité et de la défense. Journalistes, anciens diplomates et responsables politiques réfléchissent sur l’échec de l’Ostpolitik et sur les enseignements à en tirer10. En janvier 2023, le Parti social-démocrate (SPD) marque sa volonté « d’intensifier la concertation avec les pays d’Europe centrale et orientale sur les questions de sécurité » et de « prendre au sérieux leurs analyses » : « Aussi longtemps que le régime de Poutine poursuit son objectif impérialiste de conquête et d’oppression d’États souverains, il ne peut y avoir de normalisation de la relation avec la Russie […]. Aussi longtemps que rien de fondamental ne change en Russie, la sécurité de l’Europe doit être organisée face à la Russie.  » Lars Klingbeil, co-président du SPD, vient de présenter à Varsovie les cinq axes majeurs de cette « nouvelle Ostpolitik  ». La France, pour sa part, fait traditionnellement preuve de « frilosité » à l’égard de l’Europe centrale et orientale et de l’élargissement de l’Union européenne ; elle éprouve des difficultés à penser stratégiquement la grande Europe11. L’initiative de « communauté politique européenne » ne peut, en tout état de cause, se substituer à une réforme de l’Union européenne.

Retrouver une crédibilité et une capacité d’initiative dans la guerre russo-ukrainienne suppose que l’Allemagne endosse un leadership et qu’elle rétablisse un dialogue serein avec Varsovie. Avec plus de 6 milliards d’euros, son assistance bilatérale à l’Ukraine la place, en chiffres absolus, au premier rang des pays d’Europe continentale, loin devant la France (1, 6 milliard d’euros)12. Quant au président Macron, il doit admettre que la raison profonde du révisionnisme du régime de Poutine tient d’abord à sa dynamique interne et non à l’humiliation dont aurait été victime la Russie après 1991. Ses propos, en début d’année, assurant les Ukrainiens que « nous vous aiderons jusqu’à la victoire et nous serons ensemble pour bâtir une paix juste et durable » sont une étape dans cette prise de conscience.

Une meilleure concertation entre Berlin et Paris serait utile, non seulement pour éviter de nouvelles initiatives nationales non coordonnées (voir les déplacements séparés de février 2022 à Moscou, les conférences distinctes sur la reconstruction de l’Ukraine, les annonces en ordre dispersé de livraison de blindés), mais aussi pour rapprocher les analyses sur les origines et les conséquences du conflit en Ukraine, et ainsi parvenir à une position commune sur l’attitude à adopter envers la Russie et l’Europe orientale. C’est la condition de l’adhésion à une stratégie européenne de beaucoup de pays d’Europe centrale et balte, qui peuvent légitimement faire valoir leur plus grande lucidité à l’égard de la menace que fait planer le régime de Poutine sur l’ensemble du continent. Le dîner, qui a réuni le président polonais Andrjez Duda, Macron et Scholz en marge de la conférence sur la sécurité de Munich, suivi de l’annonce d’un sommet trilatéral d’ici l’été à Paris, constitue un signal encourageant, qui pourrait donner un nouvel élan au « format Weimar ». Il importe que, le jour venu, la France et l’Allemagne soient également en mesure de présenter ensemble les contours d’une nouvelle « architecture de sécurité européenne ».

  • 1. Les interventions et les textes du président de la République et du Chancelier allemand sont disponibles sur leurs sites officiels.
  • 2. Voir Ivan Krastev et Mark Leonard, Peace versus Justice: The coming European split over the war in Ukraine [en ligne], European Council for Foreign Relations, juin 2022 ; voir aussi « Regards européens sur la crise en Ukraine – Vague 4 », Ifop pour la Fondation Jean Jaurès et Le Figaro, février 2023.
  • 3. Entretien d’Angela Merkel par Alexandre Osang, “You’re done with power politics” [en ligne], Der Spiegel, 1er décembre 2022.
  • 4. Entretien avec le president allemand Steinmeier par Melanie Amann et Veit Medick, “I still hoped that Putin possessed a remnant of rationality” [en ligne], Der Spiegel, 12 février 2022.
  • 5. Olaf Scholz, “The global Zeitenwende: How to avoid a new Cold War in a multipolar era” [en ligne], Foreign Affairs, janvier-février 2023.
  • 6. Voir notamment Lilia Chevtsova, “Humiliation as a tool of blackmail” [en ligne], The American Interest, 2 juin 2015.
  • 7. Après l’annexion de la Crimée, Ehrard Eppler, homme politique et théoricien du Parti social-démocrate (SPD), avait mis en garde contre le « sentiment d’humiliation » prévalant en Russie, qui fait qu’un « peuple qui se considère comme victime n’est pas pacifique » : Ehrard Eppler, “Demütigung als Gefahr. Russland und die Lehren der deutschen Geschichte” [en ligne], Blätter für deutsche und internationale Politik, juillet 2015.
  • 8. Voir Heinrich August Winkler, Weimar 1918-1933. Die Geschichte der ersten deutschen Demokratie [1993], Munich, C.H. Beck, 2018 ; et Horst Möller, Die Weimarer Republik. Demokratie in der Krise, Munich, Piper, 2018.
  • 9. Voir Sabine Fischer, “Peace talks between Russia and Ukraine: Mission impossible” [en ligne], SWP Comment, n° 65, novembre 2022 ; Gwendolyn Sasse, “The risks of negotiating an end to the war in Ukraine” [en ligne], Carnegie Europe, 6 décembre 2022.
  • 10. Parmi les ouvrages parus récemment, voir Norbert Röttgen (membre de l’Union chrétienne-démocrate, ancien président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag), Nie wieder hilflos! Ein Manifest in Zeiten des Krieges. Die Strategie der Zeitenwende, Munich, DTV, 2022 ; Rüdiger von Fritsch (ancien ambassadeur d’Allemagne en Russie), Zeitenwende. Putins Krieg und die Folgen, Berlin, Aufbau, 2022 ; Christoph Heusgen (ancien conseiller diplomatique de la Chancelière Merkel), Führung und Verantwortung. Angela Merkels Außenpolitik und Deutschlands künftige Rolle in der Welt, Munich, Siedler, 2023 ; Reinhard Bingener et Markus Wehner, Die Moskau-Connection. Das Schröder-Netzwerk und Deutschlands Weg in die Abhängigkeit, Munich, C.H. Beck, 2023.
  • 11. Voir Christian Lequesne, « Les difficultés françaises à penser la grande Europe », Esprit, janvier-février 2023.
  • 12. Voir les Ukraine Support Tracker Data [en ligne] de l’Institut pour l’économie mondiale de Kiel.