© Pyramide Distribution
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Vingt dieux de Louise Courvoisier

Entre amour et vérité, Vingt dieux de Louise Courvoisier offre une leçon qui vaut bien un fromage.


Depuis Jean-Luc Godard avec À bout de souffle en 1960, le prix Jean Vigo signale les réalisateurs originaux, prometteurs, parfois virtuoses. Et bien souvent il fait mouche (Maurice Pialat pour L’Enfance nue en 1969 ou Bruno Dumont en 1997 pour La Vie de Jésus ou, plus récemment, Jean-Charles Hue avec Mange tes morts : Tu ne diras point en 2014 et Jean-Bernard Marlin avec Shéhérazade en 2018). Le cru 2024 est plus qu’à la hauteur, avec l’arrivée dans le paysage cinématographique français de Louise Courvoisier, qui signe un premier long métrage admirable : Vingt Dieux. « Vingt Dieux », c’est ce juron populaire dérivé de « vain Dieu » qui scande les échanges des gars du cru que nous fait rencontrer la jeune cinéaste, elle-même issue de ce Jura rural où elle filme son récit contemporain. Totone, jeune déconneur ingérable et follement attachant, se retrouve à devoir subvenir aux besoins de sa très mignonne petite sœur de sept ans. C’est alors qu’il découvre l’existence du concours du « Comté d’or », qui lui assurerait 30 000 euros.

De bastons nocturnes en histoires d’amour un peu gauches, de grandes espérances en réussites minuscules, de stratégies égoïstes en élans de camaraderie, les plans vivants et les textes maîtrisés de Vingt Dieux nous embarquent dans une histoire où l’amour et la vérité s’affrontent à hauteur d’un jeune homme et d’une jeune femme dans le monde paysan d’aujourd’hui.

Avec un casting entièrement composé de non professionnels, non seulement Louise Courvoisier s’affirme comme une exceptionnelle directrice d’acteurs, mais donne à voir la beauté si simple et envoûtante du réel comme il faudrait toujours le faire – sans affectation, sans pose, sans caricature. Le résultat est une œuvre dramatique, drôle, violente et sans désespoir.