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© Guy Ferrandis
Flux d'actualités

Benedetta et la fable mystique

septembre 2021

Benedetta, de Paul Verhoeven, a beaucoup été décrit comme une réadaptation, originale et volontairement provocante, de l'ouvrage de Judith C. Brown, qui utiliserait le matériau historique comme prétexte pour aborder le sujet du lesbianisme. L'interprétation, légitime, manque toutefois toute l'exploration faite par le cinéaste de la question du mysticisme.

« La parole “mystique” est toujours portée à se protéger par des “autorités” (approbations ecclésiastiques, citations bibliques, etc.) contre les “examinateurs” qui se défendent à leur tour en la réduisant à un simulacre1. »

L’originalité du projet Benedetta tient, de la part de Paul Verhoeven et de son scénariste David Birke, à la volonté d’adapter un ouvrage de sciences humaines sur un cas de possession d’une nonne, et d’en faire un film sur le lesbianisme en s’éloignant du point de vue de l’historienne Judith C. Brown2. Ce choix étonne, mais reste cohérent par rapport au parcours et aux orientations de Verhoeven. Dès son documentaire, en 1968, sur Anton Mussert, le cinéaste choisissait d’analyser le dirigeant collaborationniste néerlandais, non d’un point de vue politique, mais en interrogeant son fanatisme religieux. Aussi Benedetta doit-il s’analyser en le comparant avec son matériau historique, tout en gardant en tête, du fait des inventions narratives, les travaux sur la tradition mystique et les possessions par Michel de Certeau.

Le sujet le plus contentieux du scénario reste le traitement de la sexualité lesbienne par Verhoeven. Contrairement à Brown, il choisit de représenter les rapports entre Benedetta Carlini et une autre sœur, Bartolomea, comme une histoire d’amour entre fe

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