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Lettre à Franco : Photo Eduard Fernández
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Lettre à Franco

avril 2020

Par la description d’individus luttant contre l’esprit de groupe et l’anti-­intellectualisme, Alejandro Amenábar signe en même temps la critique audacieuse d’une certaine mauvaise conscience dans l’identité nationale espagnole.

Lettre à Franco – dont le titre original, Mientras dure la guerra («  Tant que durera la guerre  »), fait référence à une formule du Conseil de défense nationale (Junta de Defensa Nacional) confiant le commandement militaire et politique à Franco, acte instituant sa prise de pouvoir – déploie son récit vers un épisode célèbre de la guerre civile espagnole : le discours de Miguel de Unamuno (interprété par Karra Elejalde), le 12 octobre 1936, dans lequel l’intellectuel déclara à son public, franquiste : « Vous vaincrez, mais vous ne convaincrez pas. » Prolongeant thématiquement Agora (2010) dans l’œuvre d’Alejandro Amenábar, par la description d’individus luttant contre l’esprit de groupe et l’anti-­intellectualisme, il signe en même temps la critique audacieuse d’une certaine mauvaise conscience dans l’identité nationale espagnole.

Le film commence et se clôt en effet par des plans de drapeaux espagnols ; celui de la Seconde République (1931-1939) au début, celui de la monarchie à la fin, dont les couleurs jaune et rouge furent reprises par le régime démo­cratique actuel, les deux ­comportant par ailleurs la devise nationale Plus ultra, issue de Charles Quint. La scène clé survient quand Franco (Santi Prego reproduit à la perfection son ton et son visage placides) fait arborer, à la fenêtre de son quartier général de Cáceres, ce drapeau « de toujours

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Louis Andrieu

Cinéphile, il écrit sur le cinéma, les contenus audiovisuel et les images dans la Revue Esprit depuis 2013.

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