Une vie cachée : Photo August Diehl, Valerie Pachner
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Ce blé qu’on fauche : Une vie cachée de Terrence Malick

décembre 2019

Libre à chacun d’imaginer que Malick veut assimiler le protagoniste d'Une vie cachée à Jésus.

Ayant en quelque sorte commencé la décennie cinématographique par une citation du Livre de Job (38,4 et 38,7) interpellant l’homme sur le rôle de Dieu dans la création, Terrence Malick la referme en faisant figurer les dernières lignes de Middlemarch (1871-1872), où George Eliot expose que les existences de chacun dépendent des actions invisibles de la multitude, à la fin d’Une vie cachée, expression (a hidden life) tirée directement de ce paragraphe final. Manière explicite de suggérer que son héros, Franz Jägerstätter, catholique autrichien guillotiné en 1943 pour avoir refusé de prêter serment à Hitler et de servir dans l’armée nazie, s’apparente à un héros invisible ? De fait, son film contredit à chaque plan et chaque scène les propos répétés à son personnage principal par les officiers et cadres du régime, selon lesquels sa décision ne compte pas, car il ne possède aucun pouvoir de changer le monde, et sera oublié. Il en devient ainsi un grand récit sur la conscience et la liberté individuelles.

Ces deux notions forment en effet les premiers arguments de Jägerstätter lors de ses rencontres avec le prêtre de son village de Sankt Radegund

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