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La Cour suprême des États-Unis et nous

Le décalage entre l’intérêt suscité par le remplacement de Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême et le peu d'intérêt porté à la justice française est frappant. Pourtant, il n’y a pas de raison qui rendrait ces débats moins vitaux pour notre démocratie hic et nunc.

Le décès de Ruth Bader Ginsburg et les conflits suscités par son remplacement par une juge conservatrice à quelques semaines des élections présidentielles américaines ont suscité l'intérêt en France. Sans doute peut-on y voir une part de fascination, une autre de surprise : la grande politisation du débat juridique américain, des audiences publiques de confirmation des grands juges aux menaces de « court-packing » (le Congrès démocrate pourrait diluer l’influence conservatrice au sein de la Cour suprême en augmentant le nombre de magistrats qui y siègent), semble bien loin de nous, presque exotique. Mais cet intérêt tient peut-être aussi d’un contexte international qui voit se confirmer un affaiblissement du droit un peu partout. Pensons seulement aux exemples récents au Royaume-Uni, en Europe centrale et orientale, en Ukraine ou à Hong-Kong, à chaque fois aux mains d’un pouvoir politique peu sourcilleux1. Cette lecture nécessite cependant d’être affinée, et réévaluée dans le contexte français. 

Droit et conflictualité politique

Le droit aux États-Unis a toujours été un lieu privilégié du

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Matthieu Febvre-Issaly

Doctorant en droit public à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialisé en droit constitutionnel comparé et en théorie du droit.