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Photo : James Coleman via Unsplash
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Vers une « américanisation » du catholicisme français ?

novembre 2021

L’important recul du sentiment religieux, désormais concentré dans les grandes villes, a poussé le catholicisme français à se tourner vers des modèles communautaires et charismatiques importés des États-Unis. D’où un repli conservateur sur les valeurs de famille ou de fraternité, particulièrement sensible dans le débat public.

En novembre 1947, était publiée dans une revue à destination du clergé une carte de la pratique religieuse dans la France rurale, appelée « carte du chanoine Boulard », d’après le nom de son concepteur. Elle est devenue l’une des cartes les plus célèbres de l’histoire de France1. Elle distinguait trois niveaux de la pratique religieuse : les « paroisses chrétiennes » sur les terres de Bretagne, d’Alsace-Lorraine et du Massif central, les « paroisses indifférentes » dans les régions du Centre et du Midi et les « pays de mission », parfois très localisés, comme en Saintonge ou en Mâconnais. Elle prolongeait le choc qu’avait déjà produit en 1943 la publication du livre La France, pays de mission ?, qui mesurait l’étendue de la « déchristianisation » touchant cette nation alors considérée comme la « fille aînée de l’Église2 ». Les campagnes n’étaient pas plus préservées que les villes. Guillaume Cuchet a récemment repris ce dossier, en insistant sur le « tournant de 1965 » qui enregistrait une rupture profonde de la pratique sacramentelle dans le catholicisme français3. L’ampleur du processus, qui avait suscité un débat passionné entre spécialistes universitaires, responsables pastoraux e

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Bruno Dumons

Historien, directeur de recherches au CNRS (LARHRA-Lyon), Bruno Dumons a récemment dirigé Femmes et catholicisme en Europe (Peter Lang, 2020).

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L’essor sans précédent d’Internet et des nouvelles technologies de l’information a transformé en profondeur le rapport des citoyens à la participation civique. Si elle a permis des progrès incontestables, cette révolution numérique pose également des défis pour la préservation du débat en démocratie. Le bouleversement introduit par le numérique dans la délibération publique semble en effet remettre en cause les exigences traditionnellement associées au débat démocratique, comme l’égalité d’accès, le contrôle public des instances de modération, la fiabilité de l’information ou le pluralisme des courants d’expression. Quelles stratégies adopter pour faire face aux dérives qui touchent aujourd’hui le débat sur Internet ? Le dossier, coordonné par Romain Badouard et Charles Girard, examine la propagation des fausses nouvelles, la mobilisation de nouveaux publics, les pouvoirs de régulations privés et la déstabilisation des cadres juridiques. À lire aussi dans ce numéro : le naufrage moral de l’Église, qui sont les talibans ?, gouverner la pandémie et une rencontre avec Pierre Bergounioux.