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Mai 2006 | Copyright Bac Films
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Le Caïman, de Nanni Moretti

juillet 2006

Alors qu’on s’attend à un film au vitriol dont le héros serait Berlusconi, Moretti choisit de tracer le portrait – même pas au vitriol – d’un Italien moyen. Menteur et hâbleur, certes, mais croyant lui-même à ses boniments ; un bouffon, dans un pays qui a permis l’accession au pouvoir de deux super-bouffons, Mussolini et Berlusconi.

Le caïman n’est pas un film sur Berlusconi, mais à propos de Berlusconi. Le caïman n’est pas un film politique à la manière des grands films de Rosi dans les années 1960 et 1970 (genre Main basse sur la ville ou L’affaire Mattei). Le caïman est une merveilleuse comédie à l’italienne, qui nous emporte dans un maelström d’invention et d’émotion, de délire et de rire. Un film éblouissant – sans doute le meilleur de Nanni Moretti avec Journal intime – où tout, absolument tout, est dit par la mise en scène. À nous, une fois rentrés à la maison et si le cœur nous en dit, de mettre un nom sur nos émotions et d’en chercher le sens. À nous de traduire pour notre tête ce qui parlait si bien à notre cœur. C’est ce que je vais tenter de faire ici.

Ça commence comme un film de série Z bricolé et fauché. Bricolé parce que fauché. Non, ce n’est pas Le caïman qui est un film de série Z, mais le super-navet produit, voilà douze ans, par le héros du film de Moretti : Bruno Bonomo (Silvio Orlando). Un animateur cinglé y voit aujourd’hui un film-culte et le projette dans son ciné-club. Bruno Bonomo, lui, y voit surtout le film qui l’a ruiné. Pour une fois, Bruno accepte la réalité. Bien obligé, car son banquier la lui rappelle souvent, qui veut ve

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Claude-Marie Trémois

Romancière et rédactrice en chef cinéma àTélérama de 1951 à 1995, Claude-Marie Trémois a été critique cinéma à la revue Esprit de 1998 à 2015.

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