Pentagon Papers : Photo Meryl Streep, Tom Hanks - Copyright Universal Pictures International France
Dans le même numéro

La lueur de la vérité

Le cinéma américain des années 1970 montre des héros qui dénoncent des complots. Dans les années 1980, c’est le cinéma qui se fait lanceur d’alerte. L’avenir est sans doute dans les films documentaires.

Chaque époque a ses figures privilégiées du rapport à la vérité : du faussaire qui prospère sur les « puissances du faux » théorisées par Nietzsche à la fin du xixe siècle au témoin post-Seconde Guerre mondiale sur lequel repose la compréhension de l’horreur. Le lanceur d’alerte est assurément une figure-clé de notre époque, incarnée dans quantité d’œuvres cinématographiques métabolisant les tensions socio-­politiques des démocraties. Elle a fleuri dans les années 1970 aux États-Unis, sur les décombres de la confiance accordée à l’État et aux institutions, puis explosé mondialement avec les nouvelles technologies de communication au xxie siècle. Ce personnage contemporain s’acharne, souvent seul, à révéler des scandales, des vérités cachées ou quelque complot ourdi dans l’ombre de systèmes opaques. Représenté sur les écrans comme une figure tour à tour héroïque, tragique ou ambivalente, il s’apparente tantôt à David terrassant Goliath, tantôt à Don Quichotte luttant contre des moulins à vent, quand

Lecture réservée aux abonnés : L'indépendance d'Esprit, c'est grâce à vous !

Ghislain Benhessa

Avocat, il enseigne le droit public à l'université de Strasbourg. Il a récemment publié l'État de droit à l'épreuve du terrorisme (L'Archipel, 2017). 

Nathalie Bittinger

Agrégée de lettres modernes et maître de conférences en études cinématographiques à l'université de Strasbourg, elle a publié 2046 de Wong Kar-wai (Armand Colin, 2007) et a dirigé Cinémas d'Asie. Nouveaux regards (Presses universitaires de Strasbourg, 2016). 

Dans le même numéro

« Lancer l’alerte », un dossier coordonné par Anne-Lorraine Bujon, Juliette Decoster et Lucile Schmid, donne la parole à ces individus prêts à voir leur vie détruite pour révéler au public des scandales sanitaires et environnementaux, la surveillance de masse et des pratiques d’évasion fiscale. Ces démarches individuelles peuvent-elles s’inscrire dans une action collective, responsable et protégée ? Une fois l’alerte lancée, il faut en effet pouvoir la porter, dans un contexte de faillite des espaces traditionnels de la critique.